Coronavirus : pas de samba en février, Rio reporte sine die son carnaval

Le Brésil est le second pays le plus touché au monde par la pandémie de coronavirus.

 La crise du coronavirus a obligé les organisateurs de reporter le célèbre concours des écoles de samba pendant le carnaval de Rio au Brésil.
La crise du coronavirus a obligé les organisateurs de reporter le célèbre concours des écoles de samba pendant le carnaval de Rio au Brésil.  AFP

Cette année, les danses et les musiques samba associées au gigantesque carnaval de Rio depuis 1917, l'une des plus grandes fêtes au Brési l pendant quatre jours, vont devoir laisser la place aux masques et aux gestes barrière dans ce pays largement touché par la pandémie de coronavirus.

Les organisateurs ont décidé de reporter « sine die » cet événement attendu en février par des millions de Cariocas, touristes et autres Brésiliens.

« Nous sommes arrivés à la conclusion que l'événement devait être reporté. Nous ne pouvons tout simplement pas le faire en février. Les écoles de samba n'auront ni le temps ni les ressources financières et organisationnelles pour être prêtes pour février », a expliqué Jorge Castanheira, le président de la Ligue indépendante des écoles de samba de Rio de Janeiro (LIESA), à l'issue de la réunion des dirigeants de cette association qui organise l'événement.

Une décision qui n'est pas surprenante. Déjà, en juillet, cinq des douze écoles de samba avaient assuré qu'en l'absence d'un vaccin fin septembre, elles demanderaient le report de l'événement.

« Nous cherchons une solution alternative »

Pour l'heure, cette annulation concerne surtout la compétition des écoles de samba dans le mythique Sambodrome.

Chaque école de la ville présente devant des milliers de spectateurs des chars, des costumes, des chorégraphies mises au point pendant l'année dans les différents quartiers de la ville. Au total, plus de 3 000 danseurs défilent pendant des heures pour obtenir le graal : devenir la plus grande école de samba de Rio.

« Ce n'est pas une annulation, c'est un report. Nous cherchons une solution alternative, quelque chose à faire quand la sécurité sanitaire nous permettra de donner notre contribution à la ville. Mais nous n'en sommes pas assez sûrs pour fixer une date », a ajouté Jorge Castanheira.

Reste à savoir si les Cariocas, les habitants de Rio, vont tout de même faire la fête ? Pour l'heure, les autorités municipales n'ont pas encore dit si les festivités de rue seraient autorisées.

En dehors de la compétition officielle, le carnaval de Rio, c'est aussi d'innombrables défilés de « blocs », ces groupements de quartiers qui déambulent en dansant dans un joyeux cocktail de musique, déguisement… Le tout bien arrosé d'alcool.

Ce report du carnaval de Rio intervient après celui de Sao Paulo en juillet qui lui aussi rassemble près de 120 000 spectateurs pour admirer les écoles de samba et qui avait rassemblé plus de 15 millions de fêtards dans les rues lors de sa précédente édition.