Coronavirus : Madrid reconfine partiellement 850 000 habitants

Les Madrilènes concernés ne peuvent plus sortir de leur quartier que pour des raisons de première nécessité. Mais ils pourront se déplacer librement au sein de ce quartier.

Près d'un million d'habitants de la région de Madrid désormais priés « de rester chez eux la majorité du temps ». Annoncées vendredi, ces strictes limitations à la liberté de mouvement dans 37 quartiers de Madrid et de sa proche banlieue, sont destinées à freiner la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 et entrent en vigueur ce lundi pour deux semaines.

Depuis ce jour, quelque 850 000 habitants, soit 13 % de la population régionale, ne peuvent plus sortir de leur quartier que pour des raisons de première nécessité comme aller travailler, aller chez le médecin ou amener leurs enfants à l'école.

Il ne s'agit pas pour autant d'un retour aux sévères mesures imposées au printemps, ont affirmé les autorités. Le Premier ministre Pedro Sanchez a assuré samedi soir « ne pas envisager un confinement du pays ».

Confinement par quartier

Les habitants des zones concernées pourront, en revanche, se déplacer librement au sein de ces quartiers. De la même manière, l'entrée dans ces zones, sauf pour ces raisons de première nécessité, sera interdite.

Les autorités régionales recommandent aux habitants « de rester chez eux la majorité du temps », tout en assurant qu'il ne s'agit pas d'un strict confinement à domicile comme au printemps.

Dans ces quartiers ou communes de banlieue, situés en particulier dans le sud défavorisé de la capitale, les parcs seront fermés, alors que les magasins, ainsi que les bars et restaurants, devront limiter leur capacité d'accueil à 50 %.

« On se moque de nous »

Par ailleurs, le nombre de personnes pouvant se réunir sera ramené de 10 à 6 dans l'ensemble de la région. Les habitants devront présenter un document écrit pour justifier leur déplacement et des « contrôles aléatoires » seront réalisés par la police municipale, avec l'appui ponctuel de la police nationale et de la Guardia Civil, ont annoncé dimanche les autorités régionales lors d'une conférence de presse.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre ces nouvelles mesures à la mi-journée dans les quartiers concernés et devant le parlement régional, à l'appel d'organisations d'extrême-gauche notamment.

« On a l'impression qu'on se moque de nous : nous pourrons continuer à aller travailler dans d'autres zones qui ne sont pas confinées au risque d'augmenter la transmission, et nous pourrons aussi nous infecter à l'intérieur de notre zone », a dénoncé une manifestante Bethania Perez, infirmière de 31 ans.

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La deuxième vague espagnole

Soumise au printemps à l'un des confinements les plus stricts au monde, l'Espagne a vu depuis juillet l'épidémie repartir à une vitesse galopante, jusqu'à devenir le pays ayant le nombre de cas rapporté à sa population le plus élevé de l'UE.

Une parfaite illustration du cri d'alarme lancé jeudi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à propos d'un niveau de transmission « alarmant » en Europe.

Représentant le tiers des nouveaux cas et des nouveaux décès du pays, Madrid est la région générant le plus d'inquiétudes en raison de la capacité de ses habitants à diffuser le virus dans toute l'Espagne depuis une métropole peuplée de 6,6 millions d'habitants, qui est aussi une plaque tournante en matière de transports.