Coronavirus à Marseille : huit infirmiers contaminés dans le même service

Ces huit soignants travaillent à l’hôpital de la Timone, au sein du service de chirurgie cardiaque.

 Le personnel aurait été contaminé le temps des pauses déjeuner (illustration).
Le personnel aurait été contaminé le temps des pauses déjeuner (illustration). LP/Philippe de Poulpiquet

Même à l'hôpital, le virus parvient à se propager, y compris parmi le personnel soignant. Le dernier cas en date, et non des moindres : huit infirmiers de l'hôpital de la Timone, à Marseille, ont été testés positifs au coronavirus, fait savoir France Bleu ce lundi.

L'ensemble du personnel soignant testé positif travaille au sein du même service, celui de la chirurgie cardiovasculaire. Interrogée par la radio, Audrey Jolibois, secrétaire générale du syndicat FO pour les hôpitaux de Marseille, explique que c'est le cas le plus redouté par les soignants qui s'est sans doute produit.

Dépistage massif à l'AP-HM

Une personne serait tombée malade dans le cadre familial, développant une forme asymptomatique de la maladie. Elle aurait sans doute contaminé plusieurs de ses collègues lors des temps de pause déjeuner, où les gestes barrière ne peuvent de fait être totalement respectés. « On est en train d'assister à une hécatombe », ajoute la syndicaliste.

Dimanche, apprenant la nouvelle, l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) a décidé de mener un dépistage massif dans l'ensemble du service. Les représentants du personnel doivent être reçus ce mardi pour évoquer ce sujet.

En l'espace d'un mois, l'AP-HM a repéré trois foyers d'infection de ce type, précise France Bleu. Le dernier en date concerne l'hôpital de la Conception, où pas moins de quatorze malades ont été recensés, dont huit soignants. Des mesures drastiques ont dû être prises, telles que tester l'ensemble du personnel et tous les patients reçus ces deux dernières semaines. Les locaux ont été totalement désinfectés. A la Conception comme à la Timone, les soignants testés positifs ont immédiatement été placés à l'isolement, chez eux.

Polémique au CHU de Nantes

Samedi, c'est la situation au CHU de Nantes qui avait interpellé. Selon France 3 Pays-de-la Loire, des soignants testés positifs au coronavirus ont pu continuer à travailler, selon la CGT et la CFDT, alors que la direction n'avait pas souhaité commenter ces affirmations, se réfugiant derrière le « secret médical ».

Olivier Terrien, secrétaire général CGT du CHU, ne cachait pas son exaspération. « Nous sommes dans une situation de maltraitance institutionnelle, la direction joue à la roulette russe avec la santé des agents, expliquait-il auprès de France 3. En réanimation, 11 sont testés positifs, si on continue on va devoir fermer le service. »

Sur Twitter, le chef des urgences avait réagi en relayant une étude américaine selon laquelle le risque de transmission d'un soignant à un patient du coronavirus était faible.

Le 23 mai 2020, un avis du haut conseil de la santé publique prévoyait que dans des circonstances exceptionnelles et afin d'assurer la continuité des soins, « une procédure dérogatoire permettant de maintenir des professionnels positifs au Covid puisse être mise en place ».