Congé indemnisé pour un proche aidant : comment ça marche ?

A partir de ce jeudi, les aidants peuvent prendre un congé indemnisé pour s’occuper de leur proche. Une évolution dans l’accompagnement de ces «invisibles».

 Illustration. Près de 11 millions de personnes s’occupent d’un proche en situation de handicap ou de dépendance.
Illustration. Près de 11 millions de personnes s’occupent d’un proche en situation de handicap ou de dépendance.  LE PARISIEN OLIVIER BOITET

La crise du Covid-19 a rendu leur quotidien encore plus lourd. Les aidants vont-ils pouvoir respirer un peu? A partir de ce jeudi, ces Français qui soutiennent un proche âgé, malade ou handicapé pourront demander à bénéficier d'un congé de trois mois indemnisé. Comment ce congé va-t-il fonctionner? Le Parisien fait le point.

Qui est concerné par ce congé ?

Restés longtemps invisibles, les aidants se font désormais une place plus importante dans la société. On estime que 11 millions de personnes prennent en charge un proche, une mère âgée, un enfant ou encore un conjoint en situation de handicap. Tous ces aidants, qu'ils soient salariés du secteur privé et du public, indépendants ou demandeurs d'emplois, peuvent bénéficier de ce congé indemnisé.

Combien de temps dure ce congé ?

Ce congé sera d'une durée maximale de trois mois, mais pourra être renouvelé, jusqu'à un an sur l'ensemble de la carrière du salarié, selon le projet approuvé par l'Assemblée nationale en octobre 2019. Le décret validant son entrée en vigueur doit être publié mercredi au Journal officiel, selon la ministre déléguée à l'Autonomie, Brigitte Bourguignon.

Une indemnisation à quelle hauteur ?

Le montant de l'indemnisation est fixé à 43,83 euros par jour pour une personne en couple et à 52,08 euros par jour pour un aidant qui vit seul. Le congé de proche aidant n'est pas rémunéré par l'employeur, mais par les caisses d'allocations familiales (CAF) et les caisses de la mutualité sociale agricole.

Comment en bénéficier ?

Légalement, tout salarié qui en fait la demande peut bénéficier de ce congé, en respectant certaines modalités. En premier lieu, le préavis, d'une durée d'un mois avant la date de départ en congé souhaitée. Un délai toutefois inutile en cas d'urgence liée notamment à une dégradation soudaine de l'état de santé de la personne aidée (attestée par certificat médical), si une situation de crise nécessite une action urgente du salarié ou si l'hébergement en établissement dont bénéficiait la personne aidée (attestée par le responsable de l'établissement) cesse de manière brutale.

La demande auprès de l'employeur doit s'accompagner de plusieurs justificatifs, tels qu'une déclaration sur l'honneur du lien familial, une copie de la décision justifiant d'un taux d'incapacité permanente de la personne aidée, ou encore une déclaration sur l'honneur précisant soit que l'employé n'a pas eu précédemment recours, au long de sa carrière, à un congé de proche aidant, soit sa durée s'il en a déjà bénéficié.