Confinement : églises, mosquées… interdiction des célébrations collectives dès mardi

Un décret précise qu’en raison du reconfinement, tout rassemblement, hormis les enterrements, est proscrit dans les lieux de culte dès mardi. Des prêtres frondeurs s’en offusquent.

 Pendant le confinement, les fidèles ne pourront plus assister aux messes qui devront se dérouler à huis clos.
Pendant le confinement, les fidèles ne pourront plus assister aux messes qui devront se dérouler à huis clos. LP/Jean-Baptiste Quentin

Les célébrations religieuses collectives sont tolérées par les autorités jusqu'à ce lundi inclus, c'est-à-dire jusqu'à la Toussaint et la fête des défunts des catholiques. A compter de mardi, il ne sera plus possible de se rassembler dans les églises, synagogues, mosquées et autres temples. En revanche, tous ces « établissements de culte » seront toujours autorisés à rester ouverts. Mais « tout rassemblement ou réunion en leur sein est interdit à l'exception des cérémonies funéraires dans la limite de 30 personnes », précise l'article 47 du décret du 29 octobre.

Les fidèles ont dont le droit de s'y ressourcer mais ne pourront assister à un office qui, lui, doit avoir lieu à huis clos. C'est donc le retour des messes diffusées sur les réseaux sociaux, des homélies publiées sur les sites Internet des paroisses ou des prières partagées sur Zoom. Tous les membres du clergé ne sont pourtant pas prêts à respecter à la lettre les règles gouvernementales. « Ne pas considérer la vie religieuse comme une activité essentielle, ce n'est pas très respectueux pour les croyants. Je vais faire des messes clandestines », murmure un prêtre frondeur.

«La liberté de culte n'est pas négociable»

Ces derniers jours, certaines voix catholiques se sont élevées contre l'interdiction des célébrations publiques. « La liberté de culte n'est pas négociable. Si commerces et écoles restent ouverts, les catholiques doivent avoir le droit d'assister à la messe », s'est par exemple insurgé sur Twitter Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon.

Dans un courrier adressé au président Macron mardi, la veille donc de l'annonce du reconfinement, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France (CEF) avait, entre autres requêtes, demandé le maintien de la pratique du culte. Il n'a pas été totalement entendu. La décision d'interdiction des célébrations est vécue comme « un étonnement ». « Pour nous, c'est un manque vital », résume le père Hugues de Woillemont, secrétaire général de la CEF, rappelant que l'Eglise de France est « mobilisée pour que le virus ne circule plus en assurant dans ses lieux une grande sécurité sanitaire ».