«On aurait sans doute fait différemment sans le Covid» : pour la Saint-Valentin, ces couples tentent d’être créatifs

Les restaurants fermés et le couvre-feu imposent aux couples qui souhaitent célébrer ce dimanche la fête des amoureux de faire preuve d’imagination. Une occasion de se renouveler.

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 Malgré les restrictions sanitaires, beaucoup tiennent à organiser des moments à deux pour la Saint-Valentin.
Malgré les restrictions sanitaires, beaucoup tiennent à organiser des moments à deux pour la Saint-Valentin. ISTOCK

Cette Saint-Valentin revêt des airs de refuge et mobilise la créativité des amoureux, à l'heure du Covid-19. Les couples qui ont accepté de nous raconter leur 14 février souhaitent avant tout s'offrir une parenthèse et prennent le contre-pied des contraintes sanitaires.

Pour les plus attachés à un rituel, pas question de déroger aux habitudes, quitte à les adapter. C'est le cas de Martin et Jérémy, deux Rennais ensemble depuis quatre ans : « Nous avons pris l'habitude de manger nos plats italiens favoris le jour de la Saint-Valentin, raconte Martin, 25 ans. Pour nous, c'est surtout l'occasion de sortir de notre quotidien chargé et de se retrouver. » Pas question, dès lors, de changer d'adresse, comme le détaille son compagnon : « Heureusement, nous allons pouvoir nous faire livrer le repas à la maison, même si ce n'est pas la même chose… Et puis, ça fait marcher les restaurateurs en galère. »

La fermeture des tables ouvre une option inédite, qui consiste à ramener les plats étoilés à la maison. Une option retenue par Dennis, un épicurien de 61 ans, qui fait appel aux services de la cheffe trois-étoiles Anne-Sophie Pic. « Elle propose un menu qui va nous faire oublier la fermeture des restaurants, salive le chef comptable. Nous sommes des habitués de la maison Pic, nous allons souvent à la brasserie et nous avons eu l'occasion de manger à la table du trois-étoiles. C'est exceptionnel. Ma compagne Isabelle est très heureuse. Si on n'habitait pas Valence, on serait un peu désespérés! » Dennis s'enthousiasme en énonçant quelques éléments d'un menu à 85 euros, qui inclut notamment une entrée au tourteau, une raviole de truite fumée de l'Ardèche, de la volaille à la farce truffée ou un dessert en forme de cœur à partager…

Une balade jusqu'à 18 heures

La fermeture des salles peut aussi pousser à élargir l'horizon, comme l'ont prévu Marielle et Martial, deux Marseillais. « L'an dernier, on était restés à la maison au chaud en râlant parce que les restaurants allaient être blindés, s'amuse cette brune souriante de 31 ans. Là, c'est l'inverse, on a envie de faire un truc à l'extérieur. On a commandé un brunch chez KféK, un traiteur qui s'est reconverti depuis la fermeture. C'est une tuerie ! On va essayer d'aller profiter du soleil et du bruit de la mer, à 30 minutes de chez nous, sur la plage de Lecques à Saint-Cyr. C'est un peu romantique, non ? »

La comédienne avoue que la soirée risque de se terminer « devant Mario Kart sous couvre-feu » mais anticipe une douce journée « à se balader, passer des moments sympas mille fois mieux qu'un simple cadeau ».

L'art est le véritable fil conducteur de la relation de Philippine et Bertrand. Et coronavirus ou pas, la soirée ne s'écartera pas cette ligne. Le couple s'est rencontré il y a cinq ans, lors d'une exposition de photographies à Paris et s'est retrouvé autour de sa passion commune pour le théâtre. « Le 14 février, pour nos anniversaires, au Nouvel an… Nous allons toujours voir une pièce de théâtre, ou une représentation à l'opéra. Pour la Saint-Valentin, nous nous contenterons de regarder une pièce de théâtre à la télévision, nous ne nous sommes pas encore mis d'accord sur laquelle ce sera. » À la maison comme à la ville, une chose ne changera pas, selon Bertrand, son conjoint qui vient de fêter ses 50 ans : « Ce sera très certainement Madame qui aura le dernier mot sur le choix de la pièce. »

Fleurs et fait-maison

Marie-France et Larry, 58 et 62 ans, vibrent pour les voyages et profitent de la liberté de se déplacer entre région qui perdure. « Maintenant qu'on est à la retraite, on en profite pour voir du pays, plaisante la Boulonnaise. Mais cette année on n'a pas pu le faire, on en a marre là, donc on arrête de se priver. »

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Après presque une année à être confiné, le couple reprend ses petites habitudes dès cette Saint-Valentin. « Nous partons quelques jours à Cannes. Nous avons réservé un hôtel, heureusement qu'il y a au moins ça d'ouvert », remarque Larry. Et après 36 ans de mariage, sa femme entend faire respecter d'autres traditions : « Pas d'excuse, les fleuristes ne sont pas fermés! »

En la matière, il est aussi possible d'innover, à l'image de Quentin, qui a souhaité gâter sa compagne Céline… et la faire travailler, en lui commandant un bouquet à assembler soi-même chez l'inventeur de ce concept, Bloom and Wild. « C'est notre 11e Saint-Valentin alors j'essaie de changer, sourit le Lyonnais. Ça ajoute un peu de créativité au processus. Je vais sortir la vidéo et la regarder galérer ! »

L'événement est toujours particulier pour les jeunes parents qui viennent de se fiancer, car ils se sont mis en couple en 2010… le jour de la Saint-Valentin. « Une copine en commun a réservé un brunch pour moi et m'a dit : tu l'invites ! raconte Quentin. On s'est retrouvés au milieu de plein de couples, et voilà… Alors on est un peu obligé de marquer le coup chaque année ! »

À 700 km de là, dans les Hauts-de-France, Nolwenn mise elle aussi sur le fait-maison pour séduire son chéri et prévoit « des petites brochettes mozzarella et jambon cru, puis des mini-burgers et des mini-pizzas, car il adore tout ça, avec un bon film ». Couvre-feu oblige, l'étudiante de 19 ans devra exiler son papa, chez qui elle vit, dans le salon. « L'an dernier, pour notre première Saint-Valentin, mon copain avait tout organisé, donc c'est mon tour, glisse-t-elle. On aurait sans doute fait différemment sans le Covid, mais ça nous permet de faire quelque chose d'original en ces temps difficiles. »