Cannabis thérapeutique : l’expérimentation reportée «au plus tard en janvier 2021»

L’Agence du médicament a pris cette décision en raison de l’épidémie de Covid-19. Le traitement sera prescrit à quelque 3000 patients souffrant de maladies graves.

 Le cannabis ne sera pas fumé, à cause des effets nocifs de la combustion sur la santé. (Illustration)
Le cannabis ne sera pas fumé, à cause des effets nocifs de la combustion sur la santé. (Illustration) LP/Olivier CORSAN.

Une expérimentation du cannabis thérapeutique en France sur 3 000 patients pendant deux ans devait débuter en septembre. Mais en raison de l'épidémie de Covid-19, elle a été reportée «au plus tard en janvier», a annoncé mercredi l'agence du médicament (ANSM ).

En dépit de cet ajournement les travaux pour sa prochaine mise en place se sont poursuivis. Ils portent notamment sur la conception du registre national électronique de suivi des patients et sur le cahier des charges pour la sélection des futurs fournisseurs et distributeurs des médicaments à base de cannabis.

Calmer les douleurs

L'étude concerne aussi l'élaboration de la plateforme de formation des professionnels de santé, qui doit être opérationnelle en décembre et enfin sur la liste des centres experts volontaires qui incluront les patients.

Fin octobre 2019, les députés ont donné leur feu vert à l'unanimité à une expérimentation du cannabis à usage médical. Elle concernera des patients qui souffrent de maladies graves : certaines formes d'épilepsies, de douleurs neuropathiques, d'effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs ou de scléroses en plaques.

Sous forme d'huile ou de fleurs séchées

Ces 3000 personnes consommeront du cannabis sous forme d'huile ou de fleurs séchées : la voie fumée a été écartée à cause des effets nocifs de la combustion sur la santé.

Il leur sera prescrit « en dernière intention », c'est-à-dire en cas d'échec des autres traitements existants pour les soigner, avait indiqué en janvier la directrice générale adjointe de l'ANSM, Christelle Ratignier-Carbonneil.

Les patients concernés pourront bénéficier du cannabis gratuitement. Plusieurs centres hospitaliers en France, en particulier des centres de référence pour les pathologies concernées, participeront à l'expérimentation.

La prescription initiale sera faite par un médecin spécialiste, neurologue ou médecin de la douleur notamment. Les patients devront d'abord se fournir en pharmacie hospitalière puis pourront renouveler leurs traitements en pharmacie de ville.

Pour en savoir plus, l'ANSM a mis en ligne un questions/réponses sur le cannabis à usage médical.