Cancers d’enfants à Sainte-Pazanne : pas de cas groupés, selon Santé Publique France

L’Agence nationale de santé publique estime que la situation n’est « pas singulière » et ne préconise pas d’autres recherches.

 « Il n’y a pas de situation singulière en termes de fréquence de cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne et ses alentours par rapport à la moyenne départementale de Loire-Atlantique », selon l’Agence régionale de santé.
« Il n’y a pas de situation singulière en termes de fréquence de cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne et ses alentours par rapport à la moyenne départementale de Loire-Atlantique », selon l’Agence régionale de santé. LP/Arnaud Dumontier

Les investigations des autorités sanitaires dans le secteur de Sainte-Pazanne, en Loire-Atlantique, où les habitants s'interrogent sur les nombreux cas de cancers pédiatriques, n'ont pas permis de confirmer l'existence d'une situation singulière, a indiqué mercredi Santé Publique France qui ne préconise pas d'autres recherches.

« Il n'y a pas de situation singulière en termes de fréquence de cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne et ses alentours par rapport à la moyenne départementale de Loire-Atlantique », a déclaré Lisa King, responsable de la cellule régionale de Santé publique France (SPF) en Pays de la Loire, lors d'une conférence de presse de l'Agence régionale de santé (ARS).

Pas de « cause commune »

Santé Publique France s'appuie sur de nouvelles données issues du registre des cancers depuis décembre. Dans le département sont recensés 571 cancers d'enfants de moins de 15 ans entre 2005 et 2018, soit en moyenne 35 à 50 nouveaux cancers chaque année.

Selon l'organisme, l'enquête épidémiologique auprès des enfants touchés (16 enfants de moins de 18 ans) « n'a pas permis de mettre en évidence une cause commune sur le secteur ». Dans ce contexte, « nous ne préconisons pas d'autres recherches à l'échelle locale mais nous continuons à surveiller chaque nouvel enfant avec diagnostic », a ajouté Lisa King.

« Le cancer touchant un enfant reste un cancer de trop et évidemment que la souffrance des enfants est intolérable », a souligné Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l'ARS. « Nous agissons avec le plus de respect et d'attention pour toutes ces familles. Mais il faut tenir un équilibre entre le cœur et la raison et nous sommes allés au bout de ce que la science permet de faire », a-t-il ajouté.

« Trois ans » perdus, selon un collectif

L'ARS prévoit de signer un contrat local de santé avec la communauté d'agglomération de Pornic-Pays de Retz pour réunir les acteurs sur la santé et l'environnement. Elle financera une campagne de mesures des pesticides dans l'air à Sainte-Pazanne et aussi contribuera à la recherche sur le cancer en fournissant les données issues de ses investigations. Des chercheurs travailleront durant 4 ans sur les causes des cancers pédiatriques, notamment environnementales, avec 3 millions d'euros de budget.

Le collectif « Stop aux cancers de nos enfants », qui participait au comité de suivi de l'ARS, a exprimé sa déception. « Nous venons de perdre trois ans en croyant que les autorités sanitaires pouvaient chercher », a réagi sa fondatrice Marie Thibaud, qui dénombre 22 cas dans le secteur depuis 2015.

Le collectif a lancé la semaine dernière un appel à Emmanuel Macron après la découverte d'un nouveau cas de cancer chez un enfant de 4 ans venu renforcer l'inquiétude des familles.