«C’est mieux que rien» : comment les étudiants accueillent les annonces de Macron

Au lendemain de la mobilisation des étudiants réclamant un «plan d’urgence», le chef de l’Etat, en visite à l’université Paris-Saclay (Essonne), a promis des repas à un euro pour tous et la possibilité de revenir un jour par semaine à la fac.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Emmanuel Macron s’est rendu ce jeudi à la Maison des étudiants de l’université de Paris Saclay pour évoquer les effets de la crise du Covid-19.
Emmanuel Macron s’est rendu ce jeudi à la Maison des étudiants de l’université de Paris Saclay pour évoquer les effets de la crise du Covid-19. AFP/pool/Yoan Valat

Emmanuel Macron a-t-il entendu le mal-être étudiant? Lors d'un déplacement à l'université de Paris-Saclay, ce jeudi 21 janvier, le président de la République a fait des annonces en direction des 2,7 millions d'étudiants, dont plusieurs centaines avaient manifesté mercredi, réclamant un « plan d'urgence » face à leur précarité et leur isolement, engendré notamment par des cours en quasi-totalité en distanciel en pleine crise du Covid-19.

En guise d'annonces, pas vraiment de plan d'urgence, mais deux points nouveaux : des repas à un euro pour tous et un horizon pour le retour au présentiel. D'abord, Emmanuel Macron a promis de mettre en place deux repas par jour à 1 euro « au restaurant universitaire, y compris pour ceux qui ne sont pas boursiers, les étudiants internationaux », pour tous ceux « qui le demandent ». Il a donc étendu l'existant : depuis l'année dernière, seuls les boursiers avaient le droit à un repas à un euro par jour.

VIDÉO. Crise du Covid-19 : Macron annonce les repas à 1 euro «pour tous les étudiants qui le demandent»

Rien de révolutionnaire, selon Paul Mayaux, président du syndicat étudiant Fage. « Est-ce que c'est adapté à la situation ? Aujourd'hui, du fait du distanciel, beaucoup d'étudiants ne sont pas à la fac, donc loin du restaurant universitaire qui peut leur fournir ce repas à un euro (NDLR : les restos U sont ouverts pour des repas à emporter) », s'inquiète le jeune homme, qui aurait préféré une « aide directe versée sur le compte en banque des concernés ».

«Pourquoi pas des repas à un euro automatiques ?»

A l'Unef, autre syndicat étudiant, Mélanie Luce rappelle aussi que 50 % des restos U sont actuellement fermés. Elle regrette qu'il n'y ait pas plutôt d'« augmentation des bourses et aides au logement ».

De son côté, François Germinet, président de la faculté de Cergy, se félicite qu'il y ait « une réponse à la précarité » étudiante. « Nos distributions d'aide alimentaire sur le campus sont véritablement prises d'assaut, c'est d'une tristesse sans nom », contextualise ainsi le patron de la CY, qui juge cette annonce « très positive ». Côté calendrier, le ministère indique ce jeudi après-midi que ce dispositif de repas à un euro devrait être opérationnel début février.

«On veut une date de reprise»

Autre annonce, très attendue par les étudiants frappés d'isolement à cause de l'enseignement à distance, un retour − très − progressif dans les amphis a été promis par le président de la République. « Un étudiant ou une étudiante a le droit d'avoir 20 % de son temps en présentiel », a ainsi assuré Emmanuel Macron. « Un étudiant doit avoir les mêmes droits qu'un salarié. S'il en a besoin, il doit pouvoir revenir à l'université un jour par semaine » à la fac, avec une jauge maximum de 20 %.

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

Il était déjà prévu que les étudiants de première année, jugés « public fragile », retournent sur les bancs de l'université, en demi-jauges, à partir du 25 janvier. « C'est mieux que rien », juge Parnian, étudiante en licence de santé à Amiens (Somme).

« C'est un soulagement rien que d'en parler. C'est sur la table : la mobilisation étudiante a été entendue, visiblement. Mais il faut plus que cela : au moins 50 % de notre emploi du temps, et surtout pour les travaux pratiques et les cours de TD (travaux dirigés) », détaille la jeune femme de 24 ans.

Mélanie Luce, elle aussi, note « la porte ouverte » par le gouvernement. Voyant là « l'effet de la mobilisation » du 20 janvier. Mais elle reste insatisfaite : « On nous promet un… plan, alors qu'on veut une date de reprise. Et une jauge de 20 %, c'est insuffisant. A minima, il faut 50 % », résume-t-elle.

«Ne pas créer d'inégalités entre les facs»

Par ailleurs, pour Paul Mayaux, il est essentiel que ce dispositif soit accompagné d'un « cadrage national » à destination des présidents d'université. « Pour ne pas créer d'inégalités entre les facs », précise-t-il.

Pour le patron de la fac de Cergy, cette jauge de 20 % va « permettre des rotations d'étudiant », et chacun « pourra y remettre un pied rapidement ». Mais pas tout de suite quand même : le ministère précise que cette reprise devrait se faire « dans les 15 jours ».

Enfin, lors de sa visite dans l'Essonne, le président de la République a, un peu, précisé les contours du chèque de soutien psychologique annoncé vendredi dernier par le Premier ministre Jean Castex. Destiné à payer, pour les étudiants, des consultations de psychologues de ville, il devrait avoisiner une centaine d'euros, soit deux ou trois consultations.