Avec l’arrivée du vaccin Moderna, la campagne de vaccination repart sur de bons rails dans les Yvelines

La vaccination contre le Covid-19 doit pouvoir reprendre dans le département cette semaine, sans ralentir cette fois.

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 À Poissy, le rythme de vaccination devrait reprendre à partir de ce mardi.
À Poissy, le rythme de vaccination devrait reprendre à partir de ce mardi. LP/Guillaume Georges

« On ne reporte aucun rendez-vous de première injection ! » Marion Cinalli, la directrice de l'agence régionale de la santé (ARS) dans les Yvelines, l'assure : le danger est écarté, au moins pour cette semaine.

Alors que la campagne de vaccination tournait au ralenti, faute de doses suffisantes et que des centaines de rendez-vous avaient été reportées la semaine dernière pour privilégier l'administration de la piqûre de rappel du vaccin Pfizer, elle annonce ce lundi un léger coup d'accélérateur. Une bonne nouvelle alors que seulement 29 188 ont été vaccinées à ce jour dans ce département qui compte environ 100 000 personnes âgées de 75 ans et plus.

« Nous avons reçu les 3 822 doses Moderna correspondant aux 3 822 rendez-vous pris dans les Yvelines pour cette semaine, le vaccin Pfizer est sanctuarisé pour la deuxième injection à + 28 jours », détaille au Parisien la directrice départementale de l'ARS. Les professionnels de santé seront également vaccinés cette semaine avec du AstraZeneca.

Dans les neuf vaccinodromes disséminés dans les Yvelines, ces arrivées de nouvelles doses censées désengorger la situation, au moins pour les prochains jours, ont soulagé. Et pour cause : vendredi dernier, la préfecture craignait un effet de « goulot d'étranglement » à court terme, dû à l'organisation simultanée de la deuxième injection des patients vaccinés au mois de janvier et de ceux qui doivent recevoir la première piqûre.

« On avait tout reporté puis on a réajusté »

Face à cette difficulté, plusieurs milliers de rendez-vous étaient jusqu'à ce week-end sur la sellette partout en Ile-de-France. Alors, dans les communes concernées des Yvelines la nouvelle de ce nouvel approvisionnement de vaccin, tombée ce lundi, a rassuré nombre d'élus.

« Il n'y a plus de problème avec les rendez-vous, nous allons pouvoir les reprendre à partir de ce mardi, souffle le maire (DVD) de Poissy, Karl Olive. Il y a eu un petit temps de calage mais nous nous sommes organisés. Le centre de vaccination de Poissy a déjà été scindé en deux, avec d'un côté, les vaccins Moderna, et de l'autre, les Pfizer », développe-t-il.

LP/G.G.
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Les quelque 150 rendez-vous décalés la semaine dernière ont été reportés à cette semaine, assure l'édile. À Mante-la-Jolie, « les premières injections ont pu être sauvegardées pour cette semaine grâce à l'arrivée du vaccin Moderna. On avait tout reporté puis on a réajusté », développe Valérie Cornu, la directrice d'Odyssée, l'association d'accompagnement qui participe à la gestion du centre de vaccination.

« Il va y avoir un goulot d'étranglement »

Pour autant, cette situation en forme de casse-tête, agace sur le terrain. Arnaud Péricard, maire (DVD) de Saint-Germain-en-Laye, attend un rythme plus soutenu à partir du 15 février. « On a dû reporter certains rendez-vous de quelques jours, une semaine maximum, dit-il. Il y a eu 260 rendez-vous pour la première injection avec Moderna cette semaine au centre intercommunal de Saint-Germain-en-Laye, contre 800 vaccinations la semaine dernière… »

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Véronique Matillon, la maire (DVD) de Rambouillet, explique que l'ARS « avait fermé la moitié des créneaux Doctolib. Finalement, le vaccinodrome présent dans sa commune honorera « 225 rendez-vous Doctolib. » Daniel Level, maire (LR) de Fourqueux, précise : « Les sites n'ont pas encore rouvert partout les inscriptions pour la première vaccination, dans la mesure où l'on ne mesure pas encore l'étendue du stock de vaccins. » Dans le centre de vaccination de sa commune, le rythme de « 600 vaccination doit être maintenu cette semaine », souligne-t-il.

François de Mazière, le maire (DVD) de Versailles, est plus inquiet. « C'est évident qu'il va y avoir un goulot d'étranglement avec les piqûres de rappel. Sa principale crainte ? La reprise de l'épidémie est déjà très forte. » Dans sa ville, comme ailleurs, elle pourrait freiner les effets de la campagne. La preuve ? « La queue devant la station de dépistage Covid, « très importante ce matin. »

LP/C.d.F.
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« LE TRANSPORT M'INQUIÉTAIT BEAUCOUP »

Pour Simone et Renée, deux nonagénaires des Clayes-sous-Bois, l'appréhension principale n'est ni le virus, ni le vaccin. Mais plutôt le transport et l'organisation pour se rendre au centre de vaccination le plus proche, au vélodrome de Saint-Quentin en Yvelines.

Heureusement pour elles, un minibus du PAM 78-92 (Pour aider à la mobilité) a été mis à disposition du conseil départemental et d'Ile-de-France Mobilité, à la demande de la municipalité des Clayes. « Si la mairie ne l'avait pas organisé, nous ne serions pas allées nous faire vacciner », assument-elles.

« J'aurais préféré rester dans mon lit. J'ai peur, confie Renée, 91 ans. Mes enfants m'ont dit que si je n'y allais pas, ils ne viendraient plus me voir. » Simone, elle, admet ne pas avoir dormi l'avant-veille. « Le transport m'inquiétait beaucoup. Surtout pour mon déambulateur, souffle la femme de 94 ans. Je me demandais si le véhicule aurait la place de le prendre. »

Pour les courses habituelles du service PAM, habitué à prendre des passagers à mobilité réduite, 20 % de la course est à la charge de l'usager. Mais pour ces « courses-vaccination » cette part est financée par Île-de-France Mobilités.

« C'est compliqué d'obtenir un créneau »

Pour Anne Evain, responsable mission de Lutte contre l'isolement et soutien à domicile des personnes âgées et handicapées, cette initiative s'est faite « très naturellement ». L'occasion pour elle de mettre l'offre habituelle de transport de ces personnes « au service de la cause nationale ».

LP/C.d.F.
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Pour l'instant, 55 courses de ce type (allers simples) ont été réalisées dans les Yvelines depuis le lancement de la campagne de vaccination. « C'est compliqué pour ces gens d'obtenir un créneau, les chiffres de notre service suivent par conséquent, précise Anne Evain. C'est un petit début, mais nous pensons qu'il y aura un effet lorsque le nombre de créneaux de vaccination augmentera. » À l'avenir, elle assure que « les personnes de plus de 65 ans seront incluses dans le dispositif », lorsque la vaccination leur sera ouverte.

Une fois vaccinées et de retour du centre, Simone et Renée semblent rassurées. « On s'occupe bien de nous. » Soulagées d'avoir été accompagnées de bout en bout, elles remercient leur chauffeur, Marine, 33 ans. « J'espère que ce sera vous la prochaine fois. »