Après la Guyane, Paris ? Cinq questions sur le couvre-feu, piste envisagée contre le Covid-19

Pour éviter un reconfinement total ou local, les autorités pourraient décréter la mise en place d’un couvre-feu dans les zones de forte circulation du virus.

 Illustration. Comme lors du confinement, des attestations dérogatoires sont demandées lors de couvre-feu.
Illustration. Comme lors du confinement, des attestations dérogatoires sont demandées lors de couvre-feu.  LP/Olivier Lejeune

Gros mot pour l'exécutif il y a quelques mois, le couvre-feu ferait désormais partie des options étudiées par le gouvernement. Selon Le Point, en pleine reprise de l'épidémie, les autorités envisageraient désormais des restrictions nocturnes de circulation. Une mesure déjà en vigueur en Guyane depuis juillet, et dans plusieurs villes d'Allemagne.

Pourquoi instaurer un couvre-feu ?

Il permet notamment d'éviter les réunions privées, que le gouvernement avait échoué à faire interdire au moment du déconfinement. Le 28 avril dernier, devant la représentation nationale, le Premier ministre Édouard Philippe avait annoncé que seraient interdits « les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés » de plus de dix personnes. Avant que le Conseil Constitutionnel n'émette ses réserves.

Comment fonctionne-t-il ailleurs ?

Malgré la vindicte des restaurateurs et des barmans, l'Allemagne a imposé un couvre-feu à Berlin, où les établissements ferment le soir entre 23 heures et 6 heures. Le couvre-feu, qui concerne tous les magasins sauf les pharmacies et stations-service, sera en place au moins jusqu'au 31 octobre. La vente d'alcool dans les stations-service est également prohibée.

Francfort a pris une mesure similaire, entrée en vigueur vendredi soir, avec la fermeture des bars et restaurants et l'interdiction de vente d'alcool entre 22 heures et 6 heures.

Et en France ?

Au plus fort de la « première vague », plusieurs villes et départements avaient décrété un couvre-feu. Début avril, l'ensemble de la Martinique et de la Guadeloupe l'avait instauré entre 20 heures et 5 heures. En Guadeloupe, tout déplacement était interdit pendant ces horaires. « Les regroupements en fin de journée me préoccupent le plus », avait déclaré lors d'une conférence de presse le préfet de Martinique Stanislas Cazelle, qui avait aussi décidé de « fermer tous les commerces alimentaires au plus tard à 19 heures ».

À Mulhouse, comme à Nancy, entre mars et mai, tous les déplacements étaient interdits de 21 heures à minuit et les commerces fermés, y compris alimentaires et livraisons à domicile, sur la période du couvre-feu. À Perpignan, le couvre-feu démarrait dès 20 heures, jusqu'à 6 heures du matin.

En Guyane, s'il a été allégé par rapport à juillet, où il était impossible de circuler en semaine, entre 17 heures et 5 heures, et tout le week-end (à partir de 13 heures le samedi jusqu'au lundi matin 5 heures), dans certaines communes, un couvre-feu est toujours en vigueur dans la région, là ou le virus circule toujours. Le couvre-feu s'applique désormais de minuit à cinq heures de matin.

Des dérogations au couvre-feu existent-elles ?

Comme lors du confinement, des attestations de déplacements dérogatoires ont été mises en place dans les villes concernées par le couvre-feu. Sur présentation de justificatifs, les trajets entre le domicile et le travail, en particulier pour les soignants, agents des services publics et salariés qui finissent ou commencent leur travail pendant le couvre-feu étaient par exemple autorisés.

Les déplacements professionnels nocturnes « strictement nécessaires » tels l'approvisionnement des commerces alimentaires étaient également possibles. Exemptés aussi, les déplacements pour motif de santé qui ne peuvent être différés, pour les urgences médicales notamment. Tout comme les motifs familiaux impérieux tels que l'assistance des personnes vulnérables.

Par ailleurs certains services étaient autorisés à rester ouverts la nuit : pharmacies, hôtels, pompes à essence des stations-service, lieux d'hébergement et pompes funèbres.

Comment est contrôlé le couvre-feu ?

À Mulhouse par exemple, les contrôles de police avaient été renforcés durant la nuit. En cas d'infraction, l'amende pour le non-respect du couvre-feu s'élève à 135 euros, puis à 200 euros en cas de récidive dans les quinze jours.

Une verbalisation à trois reprises dans un délai de trente jours est punie d'une amende de 3750 euros et passible de 6 mois d'emprisonnement.