À Rouen, l’abbatiale Saint-Ouen ferme ses portes pour des raisons de sécurité

Le bâtiment présente des signes de fragilité qui pourraient faire courir des risques aux visiteurs. Le maire de Rouen a donc décidé de fermer l’édifice jusqu’à nouvel ordre.

 La mairie de Rouen a décidé de fermer au public l’abbatiale Saint-Ouen pour des raisons de sécurité
La mairie de Rouen a décidé de fermer au public l’abbatiale Saint-Ouen pour des raisons de sécurité LP/Laurent Derouet

Annoncée par la ville de Rouen (Seine-Maritime) en début de semaine, la nouvelle va attrister les amoureux du patrimoine : l'abbatiale Saint-Ouen, chef-d'œuvre du gothique rayonnant dont l'édification a débuté au XIVe siècle, vient de fermer ses portes au public pour des raisons de sécurité. Et pour l'heure, aucune date de réouverture n'est programmée.

« Il fallait prendre cette mesure d'urgence pour éviter tout accident », assure Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen. Si, depuis plusieurs années, un cordon de sécurité était déjà installé autour de la façade ouest en raison d'un risque de chutes de pierres, des études récentes menées par l'architecte en chef des Monuments historiques ont montré que d'autres parties de l'édifice étaient en péril. « La nef, mais surtout le portail des Marmousets par lequel les visiteurs entrent, montrent également des fragilités. Tout comme la charpente et la toiture du bâtiment », continue l'élu qui pointe au passage le caractère exceptionnel de cette partie de la structure. « La charpente est à elle seule est un bijou architectural du même type que la fameuse forêt de Notre-Dame, avec des dimensions supérieures puisqu'elle est longue de 137 m sous 33 m de voûtes ».

Des fonds alloués dans le cadre du plan de relance ?

Les touristes, qui parfois se demandaient s'ils n'étaient pas face à la cathédrale de Rouen, ne vont donc plus pouvoir découvrir l'atmosphère si lumineuse et les dimensions saisissantes de ce lieu aux riches vitraux devenu depuis des années un site de concerts et d'exposition apprécié, où même Bartabas et son théâtre équestre avaient créé un spectacle en 2009 au cœur de la nef.

Nicolas Mayer-Rossignol, qui rappelle que près de 5 M€ ont déjà été investis entre 2005 et 2018 pour l'entretien courant de l'abbatiale, veut néanmoins garder espoir. Et assure travailler avec les services de l'Etat pour lancer au plus tôt une vaste rénovation dont le coût pourrait dépasser selon lui les 20 M€. « Nous allons tout faire pour nous appuyer sur les fonds alloués dans le cadre du plan de relance pour en faire profiter l'abbatiale. Nous n'allons pas l'abandonner, bien au contraire, et j'espère que le chantier pourra débuter dès 2021 ».

Plusieurs années de travaux sont à prévoir, avec sans doute plusieurs phases. Mais il est encore trop tôt pour fixer un calendrier. Le maire se fixe tout de même un objectif : « Rouen est candidate pour être capitale européenne de la culture en 2028. Il faudra que Saint-Ouen soit ouverte à ce moment-là ».