A Lille, des architectes au secours des étudiants isolés

A Lille, un cabinet d’architecture en télétravail prête ses locaux et son matériel à des étudiants isolés pour cause de Covid-19. Une solidarité très appréciée.

 Chaque jour, environ huit étudiants en mal d’espace ou isolés sont accueillis dans les locaux d’une agence d’architecture lilloise.
Chaque jour, environ huit étudiants en mal d’espace ou isolés sont accueillis dans les locaux d’une agence d’architecture lilloise. Radio France/Sophie Morlans

Au cœur du Vieux-Lille, l'agence O Architecture a décidé d'accueillir chaque jour des étudiants isolés en quête d'espace et/ou de lien social. Elle met à leur disposition ses locaux de plus de 500 m². Les jeunes ont accès aux bureaux, car une partie de l'équipe est en télétravail, mais aussi à Internet, au télécopieur, à l'imprimante, aux salles de réunion, à la machine à café ainsi qu'à la grande cuisine équipée qui permet de partager les repas.

Victor Lasch, son dirigeant, est aux petits soins : « Nos années étudiantes ne sont pas si lointaines. Nous, nous étions en groupe à l'école d'archi avec les copains-copines et les profs. Aujourd'hui, ils suivent leurs cours seuls sur ordinateur. On imagine bien leur mal-être et leur isolement… alors on s'est lancés. »

En forte demande de lien social

Chaque jour, huit étudiants maximum profitent du cabinet. « Parce qu'il faut respecter les exigences sanitaires, explique Victor, mais je suis obligé d'en refuser tous les jours. Ils ne viennent pas seulement parce qu'ils vivent dans des chambres exiguës mais aussi parce qu'ils sont en forte demande de lien social. Ils nous disent qu'ils ont besoin de voir du monde. C'est gagnant-gagnant, on y trouve notre intérêt aussi, ça fait du bien à tout le monde. Ça fait vivre l'agence, ça nous dynamise. »

Parmi les étudiants accueillis les profils sont très divers : des étudiants en sociologie, en médecine, en commerce mais pas un en architecture. « C'est sans doute parce que l'école d'architecture est éloignée de Lille », convient le trentenaire. L'expérience durera le plus longtemps possible, Victor croise juste les doigts pour qu'un nouveau confinement ne réduise pas ces belles rencontres à néant.