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A l’université, le Covid-19 fait planer l’incertitude dans les amphis

Quelques jours après la rentrée, une quarantaine de sites sont déjà fermés, selon la ministre de l’Enseignement supérieur. Pour les étudiants, qui jonglent entre cours en ligne ou en classe, la peur de l’isolement est réelle.

 Campus Piere et Marie Curie (Paris Ve), le 30 septembre. Partout, enseignants et élèves se préparent à une fermeture temporaire totale ou partielle.
Campus Piere et Marie Curie (Paris Ve), le 30 septembre. Partout, enseignants et élèves se préparent à une fermeture temporaire totale ou partielle. LP/Delphine Goldsztejn

Rideau sur l' Université de technologie de Compiègne (UTC). L'établissement de l'Oise a fermé ce jeudi 1er octobre pour deux semaines, à la suite d'un dépistage massif du Covid-19 organisé sur 574 étudiants… et qui a révélé 32 % de cas positifs. Après Sciences-po Reims, qui a ouvert le bal, la liste des facs ou écoles contraintes de boucler leurs salles pour éviter une propagation du virus ne cesse de s'allonger. « Une quarantaine de sites sont actuellement fermés », précise ainsi au Parisien-Aujourd'hui en France la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal.

Dans de très nombreux autres cursus, « l'hybridation » est devenue la règle dès la rentrée : les élèves suivent la moitié des cours à distance… Ce qui n'empêche pas les amphis bondés ou les salles de TD trop petites. « Il y a du gel partout, mais aucune distanciation. A mon cours d'informatique vendredi, j'étais assis sur les marches : rien n'a changé », soupire Louis, inscrit à l'université Paris-Sorbonne.

Un peu partout, enseignants et élèves se préparent à la perspective d'une fermeture temporaire, ou d'une restriction des accès aux facs. « Mes professeurs ont déjà programmé cette semaine des devoirs, une semaine, après la rentrée : ils anticipent pour avoir des notes de contrôle continu d'avance », raconte Ludovic, qui attend deux amis devant la bibliothèque du campus.

«La vie universitaire est toute petite en ce moment»

Le terrain de sport, lui, est désert : les associations sportives sont à l'arrêt, et les autres organisations étudiantes tournent au ralenti. « Sur cent demandes d'adhésion, on ne va pouvoir en garder que trente. C'est le nombre maximal de personnes autorisées dans le gymnase », raconte Inès, capitaine des Cheerleaders à Jussieu à Paris.

Sur le site de Tolbiac de l'université Panthéon-Sorbonne, les jeunes s'assoient par terre à touche-touche dans le hall pour réviser… faute de pouvoir s'installer à la bibliothèque, où le nombre de places a été réduit de moitié, distanciation oblige. « La vie universitaire est toute petite en ce moment et elle ne va pas durer longtemps », anticipe Julia, en première année d'archéologie, qui s'attend à « basculer » bientôt vers enseignement en ligne, pour tout ou partie des cours.

Un crève-cœur pour Marie, 18 ans, qui débute une double licence de droit et histoire de l'art à Paris. « S'il y a à nouveau un confinement, je repars dans mon patelin en Bourgogne. Je ne le vivrai pas bien », prévient-elle. « Moi, je ne me fais pas des amis facilement, alors ça ne changera pas grand-chose pour moi ! » rit sous masque Olympe, avant son cours d'histoire de l'art. Mais, alerte-t-elle, « dans mon 8 m2 j'aurai du mal à travailler, d'autant que je n'ai que la 4G. » Sans cours en présentiel, l'année risquerait de s'arrêter pour elle, juste après avoir commencé.