Maya Weug, la jeune pionnière de l’école Ferrari qui rêve de F1

La pilote espagnole de 16 ans, née d’une mère belge et d’un père néerlandais, est la première fille à entrer à la Ferrari Driver Academy. Installée à Maranello en Italie, Maya Weug nous confie ses rêves de victoires.

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Près d’un an après le lancement du programme FIA Girls on Track - Rising Stars, et au terme de mois intenses de préparation, Maya Weug est la toute première femme pilote de la Ferrari Driver Academy (FDA).
Près d’un an après le lancement du programme FIA Girls on Track - Rising Stars, et au terme de mois intenses de préparation, Maya Weug est la toute première femme pilote de la Ferrari Driver Academy (FDA). FDA press office

Une combinaison rouge sang siglée d’un cheval cabré l’habille désormais la plupart du temps. Un vêtement iconique qui matérialise « un rêve devenu réalité », résume sa jeune propriétaire depuis sa résidence en Italie. Cette tenue aux couleurs de Ferrari est celle de Maya Weug, 16 ans, à l’origine d’une discrète révolution dans le sport automobile en devenant la toute première femme pilote à avoir intégré la Ferrari Driver Academy (FDA),, la structure chargée de former les futurs pilotes de l’équipe de Formule 1 de la célèbre Scuderia. Née d’un père néerlandais et d’une mère belge, Maya a grandi en Espagne. À 7 ans, elle commence à s’intéresser de très près au hobby de son papa : le karting. « C’est de là que vient ma vocation », raconte Maya.

Un contrat d’un an en Formule 4

Depuis, elle ne quitte plus les circuits et se prépare aujourd’hui à affronter sa première saison en monoplace, en compétition dans l’un des championnats nationaux de Formule 4. « La catégorie considérée comme le premier échelon pour les monoplaces sur la voie de la Formule 1″, précise Mattia Binotto, le directeur de la Scuderia Ferrari. « Un moment qui fera date » : c’est ainsi que le responsable a d’ailleurs décrit l’intégration de la jeune pilote dans l’équipe, munie d’un contrat d’un an. « L’arrivée de Maya témoigne de la volonté de la Scuderia de rendre le sport automobile de plus en plus inclusif, en accord avec le hashtag soutenu par l’ensemble de la communauté de la Formule 1, #weraceasone », ajoute-t-il.

Le débit de parole de la jeune fille est rapide, comme son parcours. Ses réponses courtes et déjà très pro cachent un certain malaise d’être au cœur de l’attention, mais pas sa détermination malgré sa juvénile queue-de-cheval blonde, bien tirée en arrière. Les seuls vrais moments de lâcher prise interviennent lorsqu’elle parle « du sentiment incroyable » qui l’envahit lorsqu’elle gagne une course et du soutien infaillible de sa famille dans ses choix professionnels. Comment a-t-elle été repérée ? Grâce au programme Girls on Track - Rising Stars, parrainé par la Fédération internationale de l’automobile (FIA). Une compétition internationale pour les adolescentes entre 14 et 16 ans, organisée par la commission « Femmes dans le sport automobile ». Une commission ayant à sa tête une référence : Michèle Mouton qui demeure la seule femme à avoir remporté des rallyes en championnat du monde.

Félicitée par Jean Todt, président de la FIA

Concrètement, une première sélection de 20 pilotes provenant de 14 pays différents a été évaluée au circuit du Castellet (Var), et quatre d’entre elles ont été retenues pour participer à l’épreuve finale sur celui de Fiorano en Italie. Parmi ces jeunes filles : la Française Doriane Pin. En jeu : l’opportunité de devenir la première femme à rejoindre la Ferrari Driver Academy, avec un baquet en Formule 4 pour 2021. C’est Maya qui sort du lot. « Maya mérite amplement sa place à la FDA et je suis sûre qu’elle fera preuve d’encore plus de talent et de détermination à réussir que lors du processus de sélection, de formation et d’évaluation. Le fait qu’elle soit la toute première élève de la Ferrari Driver Academy, repérée grâce à notre programme, est une immense satisfaction », se réjouit Michèle Mouton. Jean Todt, président de la FIA, s’est même fendu d’un tweet enthousiaste à l’adresse de la jeune fille : « Toutes mes félicitations à la pilote néerlando-belge Maya Weug. À seulement 16 ans, elle a déjà remporté de nombreux succès en karting national et international. Le programme FIA Girls on Track - Rising Stars est fondamental pour notre engagement à soutenir la diversité des genres dans notre sport. »

Discipline théoriquement mixte, c’est peu dire que les femmes y sont sous-représentées. À titre d’exemple, la dernière femme pilote à avoir pris le départ d’un Grand Prix fut l’Italienne Lella Lombardi, en 1976. Maya sera-t-elle la prochaine ? « J’avance étape par étape. Je sais que le chemin sera long jusqu’à la Formule 1 mais je suis entre de bonnes mains. Mais oui, c’est clair j’en rêve et je ferai tout pour concrétiser cet objectif », insiste-t-elle avec une belle assurance. Quant à son statut de pionnière, elle ne le craint pas et c’est même « un honneur d’être un rôle modèle ». « Être une source d’inspiration pour d’autres jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans la course où nous sommes si peu nombreuses, c’est très important pour moi. » Pour ce qui est de la personnalité qui l’inspire, elle, actuellement, c’est Charles Leclerc qu’elle cite. Le pilote automobile monégasque engagé en Formule 1 au sein, lui aussi, de la Scuderia Ferrari.

Seule femme au milieu d’hommes, on ose à peine lui demander si ces derniers ne l’ont pas vu débarquer avec curiosité. On pressentait la réponse. Elle hausse légèrement les épaules et balaie d’un revers de main : « J’y suis habituée depuis que je suis petite, lorsque je faisais du karting. Mais une fois que nous avons mis nos casques, il n’y a pas de différences. Nous sommes des pilotes de course qui s’affrontent sur une piste pour gagner. »