Villetaneuse : la régie de quartier, la nouvelle « petite entreprise » locale

La structure associative, que sera créée le 5 juillet, a pour ambition de recruter une quarantaine d’habitants chaque année en contrat d’insertion pour réaliser des chantiers dans la ville.

 Villetaneuse, mercredi 16 mai. Eugène Sourdier (à gauche), adjoint au maire en charge notamment de l’emploi et de l’insertion et François Siebecke, responsable de la régie de quartier.
Villetaneuse, mercredi 16 mai. Eugène Sourdier (à gauche), adjoint au maire en charge notamment de l’emploi et de l’insertion et François Siebecke, responsable de la régie de quartier. LP/R.C.

Recruter des personnes éloignées de l'emploi et les faire travailler à l'amélioration de leur cadre de vie. Voici le principe de la régie de quartier de Villetaneuse. Cette association, qui sera officiellement créée le 5 juillet prochain, accueillera ses premiers « employés » au mois de septembre.

« Elle fonctionnera comme une petite entreprise qui répond à des commandes d'office HLM ou de collectivités pour des chantiers, essentiellement dans le domaine du nettoyage et l'entretien d'espaces verts », illustre Eugène Sourbier, adjoint au maire (PCF) en charge notamment de l'emploi et de l'insertion. Les contrats souscrits avec ces partenaires, qui représentent en moyenne 80 % des ressources de la régie, sont en cours de finalisation.

« Cette volonté politique existe depuis longtemps pour insérer les gens les plus exclus, dans une ville où le chômage touche 22 % de la population active », ajoute-t-il.

Des contrats de 8 à 24 mois

Les habitants des quartiers prioritaires de la ville, soit les trois quarts de la population de Villetaneuse, pourront intégrer cette régie de quartier sous la forme de contrats d'insertion d'une durée de 8 à 24 mois. Les principaux publics concernés « sont les jeunes en insertion, les chômeurs longue durée et bénéficiaires du RSA », précise François Siebecke, en charge de la régie de quartier. Autre avantage, « les personnes se forment durant leur passage au sein de la régie et montent en compétences. L'objectif étant, à leur sortie de la structure, qu'elles trouvent un emploi stable », reprend Eugène Sourbier.

L'objectif, d'ici à trois ans, est d'embaucher en contrat d'insertion une quarantaine de personnes chaque année sans compter les dix salariés permanents. Ce rythme de croisière permettrait à la structure associative d'intégrer Le comité national de liaison des régies de quartier (CNLRQ), comme six autres régies* du département. « Cela nous permettra de décrocher des contrats plus facilement et de continuer à grandir », conclut Eugène Sourbier.

*Clichy, Montreuil, Stains, Pierrefitte, Le Blanc-Mesnil, Tremblay-en-France.

« Je dors tellement mieux le soir ! »

Christine, 56 ans, embauchée en CDI par la régie d'Aubervilliers

Christine a intégré en 2008 la régie de quartier d'Aubervilliers, la première à avoir ouvert ses portes dans le département en 2001. « Avant, j'étais RMiste », lâche la mère de famille de 56 ans. Durant son contrat d'insertion, elle a travaillé dans le quartier de la Maladrerie dans le nettoyage des parties communes des immeubles « et en faisant des ménages chez les personnes âgées », précise-t-elle.

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Cette reprise d'activité, même si elle a été difficile au départ, lui a fait beaucoup de bien sûr le long terme. « Quand vous restez sans rien faire, vous n'avez plus de contact avec les gens. Ce travail m'a permis de me sociabiliser. » Christine vient d'être embauchée par la régie en CDI, et c'est elle qui encadre les nouvelles recrues. « Je suis équilibrée dans ma vie. Qu'est-ce que je dors bien le soir ! »