Soupçons sur le fonds Montreuil Solidaire : une «tempête dans un verre d’eau» selon le gestionnaire

La directrice d’Alternatives Médias, Elisabeth Cuvelier, conteste les critiques de la chambre régionale des comptes sur le fonctionnement du fonds de dotation.

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 Patrice Bessac, le maire (PCF) de Montreuil, a présenté ce mercredi soir le rapport de la chambre régionale des comptes qui épingle la gestion du fonds de solidarité de la ville (Illustration).
Patrice Bessac, le maire (PCF) de Montreuil, a présenté ce mercredi soir le rapport de la chambre régionale des comptes qui épingle la gestion du fonds de solidarité de la ville (Illustration).  LP/H.H.

« C'est une tempête dans un verre d'eau. Il n'y a qu'à Montreuil (Seine-Saint-Denis) que je vois ça. » La directrice d'Alternatives Médias, Elisabeth Cuvelier, se dit très étonnée après la publication d'un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) qui épingle la gestion de Montreuil Solidaire.

Ce fonds de dotation, créé en 2015, vise à récolter des dons d'entreprises pour financer des événements culturels ou sportifs d'intérêt général. Environ 500 000 euros sont récoltés chaque année. Alternatives Médias assure la gestion de cette structure de mécénat, dont le conseil d'administration est présidé par le maire (PCF) de Montreuil, Patrice Bessac.

Dans leur rapport, présenté ce mercredi soir devant le conseil municipal de Montreuil, les magistrats de la CRC pointent un « dysfonctionnement dans la gouvernance », une « transparence insuffisante » et des « frais de gestion élevés ».

« Ce n'est pas vrai », répond Elisabeth Cuvelier, qui gère une quinzaine de fonds de dotation. Elle rappelle que leur gestion est très encadrée par la loi. « Le rapport d'activité doit être soumis au préfet, il est extrêmement détaillé, affirme-t-elle. A Montreuil, il y a eu des retards dans la présentation aux élus mais pas au préfet. » Ces retards s'expliquent par « des soucis à caler les agendas pour les conseils d'administration ». « Mais désormais, nous les prévoyons un an à l'avance », assure-t-elle.

Et de répéter : « Aucun autre fonds n'a prévu dans ces statuts la présentation aux élus. Pour être le plus transparent possible, le maire de Montreuil a voulu l'intégrer au conseil municipal et ça se retourne contre lui. »

Concernant les « frais de gestion élevés », en moyenne 172 000 euros par an, elle se défend de tout gaspillage et énumère les tâches d'Alternatives Médias : gestion, recherche de partenaires, comptabilité, rédaction de conventions, outils de communication… Et tout ne part pas dans les caisses de l'entreprise : « Cela comprend aussi les honoraires du commissaire aux comptes par exemple. »

Une majorité des directeurs de l'entreprise ont des liens avec le PCF

Elisabeth Cuvelier dirige également l'entreprise Médias Conseils qui, écrivent les magistrats financiers, a « fourni des prestations à la commune dans des conditions critiquables », faisant référence à un marché de communication passé en 2016. Ils précisent notamment que ce marché témoigne de « l'utilisation de moyens municipaux à des fins politiques, au bénéfice de la communication personnelle du maire ». « On est sur de petites sommes, je suis très surprise », réagit la directrice de Médias Conseils, qui donne un exemple de prestation : « Quand ils arrivent, les maires sont formés à la prise de parole en public. »

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Ces deux sociétés sont des filiales de Groupe Médias, une agence de publicité connue pour être proche du PCF, une majorité de ses directeurs et son président Jean-Marc Behar ayant ou ayant eu des liens militants avec le parti. « J'ai aussi des collaborateurs de droite ! Cela relève de leur vie privée, rétorque Elisabeth Cuvelier. Mais oui, on prend des gens qui ont du sens politique, ça aide à la stratégie. »