Seine-Saint-Denis : la CGT veut annuler la dérogation qui autorise le travail dominical

Le syndicat a déposé un premier recours contre l’arrêté préfectoral permettant aux commerces d’ouvrir exceptionnellement le dimanche pour compenser le couvre-feu. Il a été rejeté par le tribunal administratif de Montreuil.

 Illustration. De nombreuses grandes surfaces sont désormais autorisées à ouvrir le dimanche.
Illustration. De nombreuses grandes surfaces sont désormais autorisées à ouvrir le dimanche. LP/Arnaud Journois

« Votre Monoprix est maintenant ouvert toute la journée le dimanche. » Cette petite affichette placardée au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) est désormais très à la mode. Depuis la fin du deuxième confinement, et la mise en place du couvre-feu - d'abord à 20 heures, puis à 18 heures depuis le 14 janvier - une grande majorité de préfectures a décidé d'autoriser ces ouvertures dominicales.

Le Pré-Saint-Gervais, ce dimanche. LP/A.L.
Le Pré-Saint-Gervais, ce dimanche. LP/A.L.  

Les grandes surfaces, boutiques de prêt-à-porter et de chaussures sont les plus concernées. En Seine-Saint-Denis, la CGT a tenté de casser cet arrêté pris par le préfet le 26 novembre, permettant cette « dérogation à l'obligation de repos dominical ». Un référé porté devant le tribunal administratif de Montreuil a été rejeté le 11 février dernier.

Le syndicat a obtenu gain de cause à Clermont-Ferrand

Dans son arrêté, le préfet rappelait que de nombreux clients potentiels n'avaient pas pu faire leurs achats pendant le confinement, « ce qui a généré une perte de chiffre d'affaires pour les établissements concernés. » Et d'estimer que la mesure répondrait « autant aux intérêts de la clientèle qu'à ceux des établissements », la mesure permettant de lisser la fréquentation sur l'ensemble de la semaine. Argumentaire qui a été suivi par le tribunal.

Mais le syndicat redoute, de son côté, que cette dérogation exceptionnelle, limitée d'abord aux dimanches de décembre, mais prolongée en janvier et en février, devienne la règle. « Cela risque de se poursuive en mars, en avril », estime Eric Alligner, de la CGT Seine-Saint-Denis. Le syndicat réfléchit donc à la suite à donner après cette première action en justice. Le 23 janvier, la CGT 63 avait, elle, été suivie par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, suspendant les ouvertures le dimanche dans le Puy-de-Dôme.

Des salariés du 93 très touchés par la première vague

« Il ne faut pas oublier que le 93 a été très touché par la première vague, avec l'un des taux de surmortalité les plus forts de France, insiste Eric Alligner. En Seine-Saint-Denis, on a quand même eu des drames, avec plusieurs salariés qui sont décédés du Covid. » Le Carrefour de Saint-Denis avait été particulièrement touché, avec la mort d'une caissière et d'un agent d'entretien.