Seine-Saint-Denis : deux arrestations après des tirs de mortier d’artifice dans le RER

Un petit groupe avait semé la terreur cet été en tirant au mortier d’artifice dans une rame. Voici comment la police a retrouvé deux suspects, en partant d’une simple vidéo.

Des jeunes gens hilares qui tirent des fusées et des mortiers d'artifice dans une rame de RER en circulation. Un mouvement de foule et les cris de passagers terrorisés qui se recroquevillent derrière les banquettes pour échapper aux projectiles des engins pyrotechniques. La vidéo de cette scène, diffusée le 22 juillet dernier, avait provoqué un vif émoi sur les réseaux sociaux.

C'est grâce à ce document, filmé par l'un des agresseurs, que les policiers de la brigade des réseaux ferroviaires (BRF) de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), chargés de l'enquête, sont parvenus à retrouver la trace des auteurs des faits.

Trahis par une phrase

Selon nos informations, deux personnes, un mineur et un jeune majeur, ont été interpellées mercredi matin par les enquêteurs. Elles ont été placées en garde à vue pour « violences sans ITT dans un moyen de transport collectif de voyageurs » dans les locaux de la BRF, précise une source judiciaire.

C'est le fruit d'un important travail d'enquête qui a permis de remonter jusqu'à eux. Grâce à l'exploitation des images de vidéoprotection de la SNCF, les enquêteurs ont pu déterminer que les faits s'étaient déroulés trois jours avant la diffusion de la vidéo, le 19 juillet.

Un détail de la scène a également été déterminant. « [Nous sommes de] La Courneuve, ouais », fanfaronne l'un des protagonistes après les tirs. Les policiers du commissariat de la ville de Seine-Saint-Denis, à qui les enquêteurs ont soumis des captures d'écran, ont « rapidement identifié certains suspects, originaires de la commune, et déjà connus par leurs services », raconte une source proche de l'enquête.

Mesures alternatives aux poursuites

Enfin, les enquêteurs de la BRF ont pu mettre au jour que les téléphones portables des suspects bornaient le long du passage de la rame, à l'heure des faits.

Pendant sa garde à vue, l'un des deux jeunes gens a reconnu avoir participé à l'expédition. Mais il n'a pu être caractérisé que l'un et l'autre avaient tiré, ni même détenu des engins pyrotechniques.

À l'issue de leur garde à vue, les deux jeunes gens ont écopé de mesures alternatives aux poursuites : une convocation pour rappel à la loi devant le délégué de la procureure de Bobigny, avec stage de citoyenneté, pour le majeur. Et une convocation pour une mesure de réparation pénale pour le mineur. Les investigations se poursuivent pour identifier l'auteur des tirs et d'autres protagonistes éventuels.