Seine-Saint-Denis : des fonds débloqués pour soutenir l’aide alimentaire

Si la hausse des bénéficiaires de l’aide alimentaire est moins forte que lors du premier confinement, le gouvernement a tout de même déployé des aides pour soutenir les acteurs du secteur.

 Bobigny, vendredi. Clara Robin-Horn a ouvert cette épicerie solidaire en 2017.
Bobigny, vendredi. Clara Robin-Horn a ouvert cette épicerie solidaire en 2017.  LP/H.H.

Dans les rayons, on trouve tout un tas de produits vendus seulement quelques dizaines de centimes d'euros : du chocolat en poudre, des bouteilles d'huile, des biscuits, du sucre, du café, des sardines… « Ici, nous proposons des denrées 10 à 30 % moins cher que dans le commerce », souligne Clara Robin-Horn, la responsable de Wicasaya 93. Une épicerie solidaire installée à l'entresol d'une barre HLM de l'avenue Jean-Jaurès à Bobigny.

Ce vendredi matin, la ministre déléguée chargée de la Ville, Nadia Hai, a visité cette structure, qui va bénéficier d'une aide de 5 000 € du fonds d'urgence « Quartiers solidaires ». Celui-ci a été déployé par le gouvernement au début de l'automne pour soutenir les associations spécialisées dans l'aide alimentaire ou la fracture numérique et qui interviennent dans les quartiers politique de la ville (QPV). Des territoires fortement touchés par la crise sanitaire.

« Cela va nous permettra de recruter quelqu'un à mi-temps ou en service civique », espère la responsable et seule salariée de cette épicerie ouverte en 2017 et fréquentée par quelques 400 foyers. L'établissement, qui achète directement une partie de ses denrées, s'approvisionne également auprès des banques alimentaires, notamment grâce à des dons provenant d'un supermarché de la commune voisine de Noisy-le-Sec.

Le souvenir « difficile » du premier confinement

« Venir faire ses courses dans une épicerie solidaire est souvent plus facile que d'aller aux Restos du cœur. Ici, on verse quelque chose, donc on se sent moins jugé », souffle Bettina, une habituée des lieux, qui y vient désormais surtout pour rencontrer du monde et profiter des partenariats qui sont organisés entre la structure et différentes associations locales.

Durant le premier confinement, Wicasaya 93, qui était restée ouverte, avait été prise d'assaut. « C'était une période très difficile à vivre, les gens se sont retrouvés dans une grande précarité. Il y avait la queue dehors, se rappelle Clara Robin-Horn. Au printemps, les écoles étaient fermées, il n'y avait donc plus de cantine pour les enfants. Ce qui représentait une surcharge considérable dans le budget alimentaire des familles. Cette fois-ci, c'est différent. Les établissements sont ouverts, l'activité économique moins ralentie. On a toujours plus de monde, notamment des gens qui viennent une fois et qu'on ne reverra pas forcément. On accueille aussi des personnes originaires des villes voisines, mais pas dans les proportions du printemps. »

2,7 millions d'euros pour soutenir les associations

« Pour l'instant, ce deuxième confinement a moins d'impact que le premier. Les marchés alimentaires, par exemple, qui permettent aux habitants de se nourrir à moindre coût sont restés ouverts, a souligné durant la visite Anne-Claire Mialot, la préfète déléguée pour l'égalité des chances. Si les associations nous disent que le nombre de bénéficiaires augmente, elles ne sont pour l'instant pas submergées comme lors du premier confinement, mais il faut rester prudent. On sait que cela peut s'aggraver et va aussi dépendre de la durée du confinement. »

Le ministère des Solidarités vient d'ailleurs de débloquer 2,7 millions d'euros pour l'aide alimentaire en Seine-Saint-Denis, qui vont notamment permettre de soutenir des actions du Secours populaire et de La Croix-Rouge.