Seine-Saint-Denis : ces élèves privés de cours pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois

De nombreux parents dénoncent le non-remplacement de professeurs absents dans le département. À Noisy-le-Sec, une manifestation est organisée ce jeudi par des parents d’élèves du collège Jacques-Prévert.

 Illustration. Selon les associations de parents d’élèves, les élèves de Seine-Saint-Denis perdent en moyenne un an sur leur scolarité à cause des cours non-remplacés.
Illustration. Selon les associations de parents d’élèves, les élèves de Seine-Saint-Denis perdent en moyenne un an sur leur scolarité à cause des cours non-remplacés.  LP/H.H.

Le non-remplacement des professeurs absents. C'était l'un des points noirs mis en exergue dans le rapport parlementaire dénonçant, en 2018, les carences de l'Etat en matière d'éducation en Seine-Saint-Denis. Deux ans et demi plus tard, la situation est toujours aussi critique en dépit du plan de rattrapage pour le 93 mis en place par le gouvernement, qui ne prévoit pas de mesures à court terme pour résoudre ce problème.

Dans de nombreux établissements du département, les parents d'élèves se mobilisent encore cette année pour réclamer des remplaçants. Ce jeudi matin, des parents du collège Jacques-Prévert de Noisy-le-Sec organisent ainsi une manifestation devant l'établissement. Début janvier, ils avaient lancé une pétition en ligne sur le site Change.org pour dénoncer les heures de cours perdues par leurs enfants, dont la scolarité a déjà été fragilisée par plusieurs mois de confinement.

« Un professeur de mathématiques absent depuis le 1er novembre n'a toujours pas été remplacé »

« Les absences non remplacées se multiplient, déplore Houda Mimouni, représentante de l'association de parents d'élèves FCPE. Et elles peuvent parfois durer plusieurs mois. Des classes, de 3e, 5e et 6e n'ont pas eu de cours de technologie tout au long du 1er trimestre. Le professeur n'a été remplacé que le 27 janvier. Un professeur de mathématiques, absent depuis le 1er novembre n'a toujours pas été remplacé alors qu'il s'occupe notamment d'élèves qui préparent leur brevet. Un professeur de français absent depuis le 16 novembre vient d'être remplacé, mais le remplaçant est lui-même en arrêt. Nos enfants ont perdu des dizaines d'heures de cours. »

Au collège Albert-Camus de Neuilly-sur-Marne, des familles viennent également de lancer une pétition sur le site Change.org pour réclamer le remplacement d'un professeur de français absent depuis le mois de novembre 2020. À Villepinte aussi, les parents se sont mobilisés pour dénoncer des absences. Au collège Jean-Jaurès, les élèves ont raté plusieurs semaines de cours de physique-chimie. Idem à Françoise-Dolto.

« Normalement, l'Education nationale est obligée de remplacer les professeurs absents plus de 15 jours, mais ce n'est pas le cas dans la réalité. Où est l'égalité des chances ? On ne donne pas les moyens à nos enfants de travailler dans de bonnes conditions », estime une mère d'élève. À La Courneuve aussi, des absences non remplacées ont affecté des élèves du collège Raymond-Poincaré et du lycée Jacques-Brel.

De son côté, le rectorat de Créteil, qui souligne que certaines de ces situations ont été réglées, rappelle que ses services sont « entièrement mobilisés » dès qu'un professeur est absent pour lui trouver un remplaçant. Mais reconnaît éprouver quelques difficultés face aux manques d'enseignants dans certaines matières sous tension, qui peinent à attirer les candidats en Seine-Saint-Denis et ailleurs. « Cela ne veut pas dire pour autant que les élèves n'ont pas cours, nuance-t-il. Dans certains établissements, les équipes arrivent à se réorganiser pour prendre en charge les classes. »