Saint-Ouen : une marche blanche pour Sofiane et Tidiane, abattus cité Soubise

Vendredi, une marche blanche se déroulera en mémoire de Sofiane, 25 ans, et de Tidiane, 17 ans, exécutés dans une cave de la cité Soubise.

 Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 2 août 2019. Au premier plan, Sofiane Mjaiber avec les membres de son association « Jeunesse Saint-Ouen » lors de l’organisation du « Mini-Estival ».
Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 2 août 2019. Au premier plan, Sofiane Mjaiber avec les membres de son association « Jeunesse Saint-Ouen » lors de l’organisation du « Mini-Estival ».  LP/A.L.

« Plus jamais ça ». C'est le slogan lancé par un collectif d'habitants en préambule de la marche blanche programmée ce vendredi à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Le cortège se formera à 18 heures, place d'Armes, en mémoire de Sofiane Mjaiber et de Tidiane Bagayoko. Ces deux jeunes de 25 et 17 ans ont été abattus dans la nuit du 14 au 15 septembre, dans la cité Soubise. De nombreuses personnes, familles, amis, élus, habitants, sont attendues pour rendre hommage aux deux victimes. Sofiane avait grandi cité Soubise, Tidiane dans le quartier Arago.

Les deux jeunes se trouvaient dans l'une des caves d'un immeuble de la cité lorsqu'ils ont été exécutés froidement. L'auteur, un homme seul reparti à pied selon les témoignages, est toujours en fuite. Les raisons de ce qui s'apparente à un règlement de comptes ne sont pas totalement éclaircies. A la suite du double meurtre, douze personnes avaient été interpellées puis relâchées.

L'enquête se poursuit

Il en avait été de même pour un homme qui s'accusait d'être le meurtrier. L'enquête confiée à la brigade criminelle se poursuit. L'idée que Sofiane Mjaiber aurait pu tremper dans le trafic de drogue de la cité — comme le soutient une source proche de l'enquête — est inconcevable pour ses proches.

« Cela ne correspond pas à la personne que je connais depuis le lycée, confie l'un de ses meilleurs amis. C'est quelqu'un qui militait politiquement, était impliqué dans les campagnes des municipales depuis 2014 et il avait fondé l'association Jeunesse Saint-Ouen. Je n'ai jamais vu de trafiquant présenter un tel engagement. »

Sofiane avait même pris sa carte au PCF. Jacqueline Rouillon, l'ex-maire communiste de la ville et proche de lui, avait d'ailleurs rendu un vibrant hommage dans nos colonnes. « Un jeune adorable, un bel esprit », avait-elle glissé, soulignant « la personnalité attachante » de ce jeune homme qui avait repris ses études et « qui attirait la sympathie ». « Je ne veux pas y croire. Pas lui. Il avait trop envie d'avoir une belle vie », avait-elle ajouté.