Saint-Denis : un syndicat appelle les agents de la ville à lever la grève, les autres maintiennent la pression

Un accord est scellé entre la mairie et FO, sur le temps de travail et la rémunération du personnel. Les autres syndicats planchent sur des contre-propositions.

 Saint-Denis, mercredi 7 octobre 2020. Le mouvement des agents municipaux, ici devant l’hôtel de ville, dure depuis le 2 octobre.
Saint-Denis, mercredi 7 octobre 2020. Le mouvement des agents municipaux, ici devant l’hôtel de ville, dure depuis le 2 octobre. LP/Gwenael Bourdon

Est-ce la fin de la grève des agents municipaux de Saint-Denis ? C'est en tout cas ce qu'on souhaite très fort au sein de l'équipe du maire PS Mathieu Hanotin. Les négociations semblent avoir porté leurs fruits, tout au moins avec l'un des syndicats de territoriaux. « Nous avons trouvé un accord et nous avons demandé la levée de la grève », indique Djamila Bassi, secrétaire du syndicat FO des territoriaux.

Le mouvement, également soutenu par la CFDT et une intersyndicale réunissant CGT, Sud, UNSA, FSU, a débuté le 2 octobre, paralysant les cantines scolaires, perturbant les centres de loisirs et les cours de l'Ecole municipale des sports. Les agents protestent contre un projet consistant à allonger leur temps de travail, en supprimant des jours de congé, mais aussi à moduler une prime en fonction de jours d'absence. Un mouvement notamment marqué par des incidents, lors du conseil municipal du 8 octobre dernier.

L'accord entérine notamment le passage à 1 607 heures annuelles travaillées, conformément à ce que la loi exige. Mais il octroie 2 jours de RTT supplémentaires aux agents travaillant une demi-heure supplémentaire par semaine. Les jours d'absence entraîneront bien la diminution d'une prime annuelle, mais celle-ci est augmentée de 150 €, pour atteindre 1 680 €. Et elle ne pourra être rognée au-delà d'un plancher (de 475 à 800 € selon les catégories).

Le mouvement va continuer pendant les vacances, selon la CGT

Enfin, la suppression annoncée d'un « congé retraite » de trois mois, que les agents prenaient en fin de carrière, est repoussée d'un an, « pour laisser le temps aux discussions de se mener ».

Brahim Chikhi, maire adjoint en charge du personnel, évoque un « compromis de progrès social ». « Cet accord est en faveur des agents, il va même leur permettre de gagner en pouvoir d'achat », affirme l'élu qui assure que la grève a perdu en intensité.

Du côté de l'intersyndicale, on n'a cependant pas dit son dernier mot. « La municipalité ne peut pas se réclamer du dialogue social en ne négociant qu'avec FO », accuse Serge Ritmanic, de la CGT Territoriaux. Le mouvement se poursuivra durant les vacances scolaires, assure-t-il, en promettant « des actions ». Mais il assure aussi que « la volonté première de l'intersyndicale, c'est le dialogue. Nous planchons sur des contre-propositions, que nous présenterons mercredi prochain ».