Saint-Denis : un hôpital de jour pour redonner confiance aux patients alcooliques

La structure pourra accueillir jusqu’à quinze personnes. C’est la troisième du département, après Sevran et Epinay-sur-Seine.

 Saint-Denis. « L’Olivier », c’est le nom du nouvel hôpital de jour dédié à l’alcoologie qui a ouvert début septembre. La docteur Joëlle Laugier (en blouse blanche) est à la tête de cette structure, où travaille également Anne Godon, psychologue.
Saint-Denis. « L’Olivier », c’est le nom du nouvel hôpital de jour dédié à l’alcoologie qui a ouvert début septembre. La docteur Joëlle Laugier (en blouse blanche) est à la tête de cette structure, où travaille également Anne Godon, psychologue. LP/E.M.

« L'Olivier, c'est un arbre qui parle à tout le monde. Il a une jolie symbolique, qui évoque l'ancrage, la longévité, la fécondité », détaille la docteur Joëlle Laugier. L'Olivier, c'est le nom de la structure qu'elle dirige, un nouvel hôpital de jour dédié à l'alcoologie qui vient d'ouvrir ses portes à Saint-Denis, dans l'enceinte du centre hospitalier Delafontaine.

Prévention de la rechute et « remédiation cognitive »

Huit patients souffrant d'une dépendance à l'alcool, à terme quinze, y sont suivis. Plusieurs jours par semaine, ils viennent rencontrer l'équipe pluridisciplinaire — composée de médecins, infirmiers, psychologues, diététiciens, art-thérapeutes, assistante sociale… — qui travaille dans deux directions : la prévention de la rechute et la remédiation cognitive.

Grâce à des groupes de parole et à des ateliers créatifs, corporels ou ludiques, les professionnels visent à redonner confiance au patient, ils l'aident à « fonctionner en se dégageant de l'alcool qui vient, chez des personnes en grande souffrance, comme une béquille, une automédication ».

« L'idée, c'est aussi de préparer la suite »

La dépendance à l'alcool peut aussi donner des troubles de la mémoire et une désorientation dans le temps et dans l'espace. Avec la remédiation cognitive, « notre objectif est de leur donner des outils adaptés pour remédier à leurs difficultés au quotidien », explique le Dr Laugier, au sujet de patients « souvent trop jeunes pour intégrer une maison de retraite mais parfois en réelle perte d'autonomie ». « On essaie aussi de leur présenter des acteurs, des associations. L'idée, c'est aussi de préparer la suite », poursuit-elle.

Les profils des personnes accueillies sont divers. Les dossiers sont proposés à l'Olivier par des médecins traitants ou par des structures d'addictologie. Une semaine après son ouverture, l'hôpital de jour compte déjà une liste d'attente.

Dans le département, deux structures proposent cet accompagnement. L'hôpital René-Muret de Sevran compte une dizaine de places, tout comme la clinique des Platanes à Epinay-sur-Seine.