Saint-Denis : un documentaire sur la première Marche des fiertés en banlieue

Le film suit les quelques étudiants à l’origine de l’événement, annulé cet année, qui a rassemblé un millier de personnes à Saint-Denis, en 2019.

 Saint-Denis, juin 2019. Lors de la première Marche des fiertés en banlieue, le défilé avait rassemblé un millier de personnes.
Saint-Denis, juin 2019. Lors de la première Marche des fiertés en banlieue, le défilé avait rassemblé un millier de personnes. LP/Jeanne Cassard

Celles et ceux qui attendaient la seconde Marche des fiertés en banlieue devront patienter un peu. L'événement dédié à la cause LGBT (Lesbienne, Gay, Bi, Trans…), programmé du 9 au 11 octobre à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a été annulé par ses organisateurs. Contexte sanitaire oblige.

En juin 2019, une poignée d'étudiants de Paris 8, membres de l'association « Saint-Denis Ville au cœur », avait remporté un sacré pari, en rassemblant près d'un millier de personnes (400 selon la préfecture), au-delà du périph', dans les rues de la commune de 110 000 habitants.

C'est leur parcours, et les préparatifs de la manifestation, que retrace le documentaire « La Première Marche », réalisé par Hakim Atoui et Baptiste Etchegaray et qui sort ce mercredi 14 octobre dans une douzaine de salles.

Une tribune contre l'homophobie et les discriminations

On y suit donc Yanis, Youssef, Luca et Annabelle, durant les quelques mois précédant le jour J. Les quatre amis de fac tiennent d'emblée un discours tranché et militant : ils veulent faire de l'événement une tribune contre l'homophobie, mais aussi contre les discriminations multiples touchant les habitants de quartiers populaires…

La caméra filme leurs démarches, parfois laborieuses — une conférence face à une salle quasi-vide, la confection d'une banderole in extremis… « On s'est dit : que la marche rassemble 5, 10, ou 500 personnes, ce sera historique et ça dira quelque chose de la possibilité d'organiser une telle marche dans les banlieues françaises », raconte Hakim Atoui.

Les discours militants et les paroles plus intimes se mêlent, pour un résultat parfois déconcertant. Mais ce documentaire a le mérite de montrer que l'initiative se heurte à bien des idées préconçues sur Saint-Denis. « Je viendrai juste pour voir si ça dégénère », dit un jeune homme aux organisateurs, convaincu qu'il y a en banlieue « plus d'homophobes qu'ailleurs » et que la manifestation ne pourra se dérouler sereinement. Il faut rappeler que le défilé avait finalement eu lieu sans incident.

« La Première Marche », de Hakim Atoui et Baptiste Etchegaray, 1h04. Sortie ce mercredi 14 octobre.