Saint-Denis : le référé des opposants au franchissement urbain Pleyel est rejeté

Trois associations demandaient la suspension du commencement des travaux, mais la cour administrative d’appel de Paris a estimé qu’il n’y avait plus d’urgence, les expropriations liées au futur pont géant de Saint-Denis ayant déjà eu lieu. Mais la contestation judiciaire continue sur le fond.

 Projet de franchissement Pleyel, conçu par l’architecte Mrac Mimram.
Projet de franchissement Pleyel, conçu par l’architecte Mrac Mimram. © Marc Mimram architecte-ingén

« On est déçus mais on s'y attendait après l'audience. La bataille se poursuit désormais sur le fond pour que le projet soit revu et ne ramène pas davantage de trafic et de pollution », résume Camille Hanuise, directrice de Paris en Selle. L'association de défense des cyclistes conteste avec Vivre à Pleyel et Environnement 93, le projet de franchissement urbain Pleyel (FUP), à Saint-Denis, à travers deux actions, l'une menée en urgence et l'autre, sur le fond.

La première a été rejetée, ce mardi, par la cour administrative d'appel de Paris. Saisis contre la déclaration d'utilité publique (DUP) du projet, les magistrats ont examiné le référé des associations le 26 janvier et a tranché sur ce point : il n'y a pas lieu de suspendre l'arrêté du préfet de Seine-Saint-Denis déclarant d'utilité publique le projet du FUP, les opérations d'expropriations étant déjà terminées. En conséquence, la demande d'interruption du début des travaux que souhaitaient les associations n'a plus lieu d'être non plus.

Jusqu'à 8 000 piétons par heure

Long de 300 mètres, chiffré à 222 millions d'euros, porté par Plaine commune, le futur pont géant que contestent les opposants survolera le faisceau ferroviaire de Paris-Nord et reliera le quartier Pleyel à La Plaine-Saint-Denis.

La réalisation de ce trait d'union, qui a été confiée à l'architecte Marc Mimram, comportera une infrastructure routière, doublée d'une passerelle elle-même aménagée en lieu de vie. Jusqu'à 8 000 piétons par heure devraient l'emprunter. La mise en service se fera en deux phases, entre 2024 (passerelle) et 2026 (pour les véhicules).

« Les impacts environnementaux et sanitaires des différents projets sur le secteur de Pleyel ne sont pas étudiés », rappelle Me Coline Robert, une des avocates en charge du contentieux. Village olympique, échangeurs autoroutiers, ZAC Pleyel, Grand Paris Express, logements, bureaux, commerces, transports… Le quartier va connaître une révolution et une densification spectaculaire.

17 projets de réaménagement recensés

Pas moins de 17 projets de réaménagement sont « reconnus par l'étude d'impact comme entraînant des effets cumulés », assurent les avocats. La crainte des associations porte sur l'aggravation de la pollution de l'air. Paris en Selle juge par ailleurs que le volume des déplacements vélos ont été sous-estimés dans la conception du pont géant.

L'audience sur le fond pourrait se dérouler avant juin, les parties étant actuellement en plein échange d'arguments écrits. Le ministère de la Cohésion des territoires vient d'ailleurs de fournir un épais mémoire sur le FUP, auquel les associations vont répondre dans les quinze jours.