Seine-Saint-Denis : un lycéen de 16 ans blessé d’un coup de couteau en classe

La victime, scolarisée au lycée Paul-Eluard à Saint-Denis, a été transportée à l’hôpital mais ses jours ne sont pas en danger.

 Saint-Denis, mercredi. Un lycéen de Paul-Eluard a blessé un autre élève d’un coup de couteau à l’abdomen. L’agression est survenue en plein cours.
Saint-Denis, mercredi. Un lycéen de Paul-Eluard a blessé un autre élève d’un coup de couteau à l’abdomen. L’agression est survenue en plein cours. LP/E.M.

Après plusieurs épisodes d'intrusions et de bagarres, la violence est montée d'un cran au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis. Ce mercredi vers 9h30, dans l'enceinte de l'établissement, un lycéen de 16 ans a reçu un coup de couteau à l'abdomen. L'auteur de cette agression est un autre adolescent, lui aussi élève de Première technologique. Tous deux se trouvaient en classe.

Selon un parent d'élève, c'est un troisième lycéen « qui a fait le point de compression au niveau du ventre, dans l'attente des secours ». Le blessé a été hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger.

Le harcèlement à l'origine de l'agression ?

L'auteur du coup de couteau, un habitant de Pierrefitte âgé de 19 ans, a été interpellé dans le lycée par des policiers de la brigade anticriminalité. Selon plusieurs sources, un harcèlement pourrait être à l'origine de cette agression. L'auteur aurait « des difficultés de maîtrise du français et était auparavant scolarisé en UPE2A (NDLR : une classe pour enfants allophones). Cette année, il réintégrait une classe classique. » Il était « régulièrement » moqué par ses camarades.

« La veille, il avait diffusé une vidéo où il se montrait avec d'autres personnes et disait qu'il allait venir en découdre, raconte un parent d'élève. Et maintenant, la vidéo de l'agression circule sur les réseaux. Notre grosse inquiétude, c'est qu'il y ait un match retour, qu'une vengeance soit exigée. »

« On en appelle aux parents pour qu'ils soient vigilants, pour qu'ils ne laissent pas leurs enfants sur les réseaux sociaux », lance Eric Delion, délégué de parents d'élèves.

Accompagnement psychologique et brigades de sécurité

« Un cap est à nouveau franchi dans les violences qui s'exercent à l'intérieur et aux alentours du lycée, et qui rajoutent aux souffrances au travail que nous dénonçons depuis des années : diminution des moyens, emplois du temps invivables, manque de personnel sociosanitaire, silence de nos autorités à nos demandes répétées d'audience, etc. », dénoncent les personnels de Paul-Eluard, dans un communiqué. « Depuis la rentrée, nous devons aussi faire avec l'impréparation sanitaire face à la pandémie », ajoutent-ils.

Le recteur de l'académie Daniel Auverlot s'est rendu sur place après l'agression. Une cellule d'accompagnement psychologique a été mise en place et les brigades mobiles de sécurité du rectorat ont été déployées. Une rencontre avec les enseignants devrait se tenir la semaine prochaine.

Ce mercredi matin, les médiateurs qui composent une des brigades régionales de sécurité (BRS) - lancées en avril 2019 par la présidente de la région Valérie Pécresse - se trouvaient au lycée car les deux adolescents s'étaient déjà querellés la veille. « Mais ils sont généralement postés à l'entrée du lycée ou dans la cour. Il est rare que ce genre de bagarre se déroule en classe », assure Valérie Pécresse.

Déjà des violences graves par le passé

Elle aussi s'est rendue au chevet de l'équipe éducative. À court terme, elle a proposé d'envoyer une deuxième BRS « pour renforcer la présence humaine » dans l'établissement. Elle a aussi voulu « ouvrir une perspective positive en annonçant la rénovation des équipements sportifs » afin de « tourner cette page de violences le plus rapidement possible ».

Par le passé, plusieurs épisodes de violences et d'intrusions ont émaillé le quotidien de Paul-Eluard. En mars 2019, une quinzaine de personnes armées de marteaux et de battes de base-ball étaient entrées dans le lycée en découpant un trou dans la grille. En septembre, deux adolescents avaient été passés à tabac devant le lycée.

Cette agression survient un an après la mort de Kewi, 15 ans, mortellement blessé à l'arme blanche, en marge d'un cours d'EPS aux Lilas. Quelques semaines plus tard, Djadje Traore, 19 ans, avait lui été assassiné en bas de son immeuble à Saint-Ouen.