Protocole sanitaire : «Difficile d’en faire plus», estime un proviseur de Livry-Gargan

A trois jours de la rentrée, Radouane M’Hamdi, proviseur au lycée André-Boulloche à Livry-Gargan, réagit au sujet du nouveau protocole sanitaire présenté ce vendredi par l’Education nationale.

 Un nouveau protocole sanitaire a été communique aux établissements scolaires pour la rentrée.
Un nouveau protocole sanitaire a été communique aux établissements scolaires pour la rentrée. LP/F.D.

Il a beau être officiellement en congé, les vacances scolaires n'empêchent pas Radouane M'Hamdi d'être sur le pont. « Aujourd'hui (NDLR : ce vendredi), j'ai eu plusieurs réunions de préparation pour la rentrée. Samedi matin, je vais aller récupérer de nouveaux masques. Les chefs d'établissement ont déjà beaucoup de travail en temps normal, mais avec la crise sanitaire, on est encore plus sur le pont », souligne ce proviseur du lycée André-Boulloche à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), qui accueille quelque 1500 élèves.

Dans les faits, le nouveau protocole sanitaire communiqué ce vendredi par l'Education nationale ne bouleverse pas vraiment son organisation interne. « On peut difficilement en faire plus que ce qu'on faisait jusqu'à présent, décrit celui qui est également secrétaire départemental du SNPDEN, le syndicat des personnels de direction de l'Education nationale. Il n'y a pas de limitation du nombre d'élèves par classe. En gros, on nous demande d'éviter au maximum les brassages, ce qui reste compliqué lors des déplacements dans l'établissement. »

«Des agents, dans mon lycée, je risque d'en avoir moins…»

L'accent est également mis sur le renforcement des opérations de nettoyage. « Mais cela paraît impossible à l'heure actuelle, réagit-il. En tout cas, dans mon lycée, je ne vais pas avoir d'agents supplémentaires (NDLR, les agents de nettoyage dans les lycées sont employés par la région). Je risque même d'en avoir moins dans les semaines à venir s'il y a des arrêts maladie. »

Actuellement, dix personnes souffriraient du Covid-19 dans son lycée. « On a eu beaucoup de cas contacts, mais finalement peu de cas avérés. Il y a deux semaines en Seine-Saint-Denis, on comptait 357 cas positifs dans les établissements scolaires du second degré, ce qui est assez faible comparé au nombre d'élèves et de personnels », témoigne le proviseur qui gère 97 enseignants, une vingtaine d'agents de la région et une dizaine de personnels administratifs.

«On a finalement assez peu de marge de manœuvre»

Chaque cas suscite tout de même des inquiétudes au lycée, qui rendent le dialogue et la transparence primordiaux. « Il ne faut pas que le doute s'installe dans les équipes », insiste celui qui aurait aimé avoir plus d'autonomie pour affronter cette crise sanitaire. « On a finalement assez peu de marge de manœuvre pour prendre des décisions, il faut s'en tenir au protocole. »

Si la charge de travail de Radouane M'Hamdi est considérable, elle reste tout de même inférieure au confinement. « Je n'ai jamais autant travaillé de ma vie que durant cette période. Gérer un établissement à distance est très compliqué », remarque ce quinquagénaire pour qui l'ouverture des écoles reste essentielle.

« L'école est le pilier de la société et de la République, elle doit rester debout. La fermeture des établissements scolaires a posé d'importants problèmes l'an passé, surtout pour les élèves les plus fragiles. On l'a vu avec les évaluations du début de l'année en seconde. Ceux en difficulté l'étaient encore plus. »