Propriétaires «expulsés» de Rosny : la Société du Grand Paris rencontre enfin les habitants

Une réunion était organisée ce samedi en mairie entre la Société du Grand Paris et les propriétaires menacés d’expropriation dans le cadre de la création de la future ligne 15 Est du Grand Paris Express. Les négociations entre les deux parties ont commencé.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Rosny-sous-Bois, le 25 novembre 2020. Les propriétaires de cette rue ont découvert par un simple courrier qu’ils allaient devoir partir de chez eux pour permettre la construction d’un ouvrage d’entonnement de la ligne 15 Est du Grand Paris Express.
Rosny-sous-Bois, le 25 novembre 2020. Les propriétaires de cette rue ont découvert par un simple courrier qu’ils allaient devoir partir de chez eux pour permettre la construction d’un ouvrage d’entonnement de la ligne 15 Est du Grand Paris Express. DR

La réunion était attendue de longue date par les habitants des rues Philibert-Hoffmann et Jean-Mermoz, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), menacés d'expropriation avec la création de la future ligne 15 Est du Grand Paris Express. En juillet 2020, 25 foyers avaient eu la stupeur de découvrir par courrier que la Société du Grand Paris (SGP) — l'établissement public chargé de la conception du futur métro — souhaitait « engager des négociations à l'amiable » avec eux pour acquérir leurs pavillons.

La SGP prévoit en effet de concevoir sous leurs parcelles un ouvrage d'entonnement visant à raccorder la ligne 15 Est, qui doit ouvrir en 2030, à son futur centre d'exploitation technique qui sera justement construit à Rosny-sous-Bois. Avec pour ligne de mire, si aucun accord à l'amiable n'est trouvé entre l'établissement et les propriétaires : l'expropriation des pavillons.

« Grâce à cette réunion, nous avons enfin pu obtenir des réponses à nos questions, souffle Jean-François Boullet, un des riverains, qui avait lancé une pétition pour s'opposer aux expropriations. On a pu leur dire qu'il y avait eu un manque total de transparence et de communication sur ce projet. »

A l'origine, l'ouvrage d'entonnement devait se situer au niveau de l'école élémentaire Félix-Eboué. Une solution qui nécessitait de démolir un bâtiment de l'établissement, dont la vétusté avait d'ailleurs été dénoncée par les parents d'élèves du quartier. Mais après avoir mené des études complémentaires, la SGP avait finalement réduit la taille de l'ouvrage et choisit de le placer en dessous des pavillons pour limiter l'« impact urbain » du chantier.

Six accords trouvés

Le premier emplacement « exposait plusieurs centaines d'habitants aux nuisances, rappelle ce samedi l'établissement public. Le retour d'expérience de chantiers de ce type a montré à quel point ils sont pénalisants pour les riverains et générateurs de situations complexes qui peuvent se traduire dans certains cas par des actes de violences physiques. »

« On nous a expliqué ce matin, que cela causerait moins de nuisances, car la zone est moins dense qu'au niveau de l'école, relate Jean-François Boullet. A croire, qu'ils n'ont pas vu les immeubles de onze étages qui font face à nos maisons! » Le riverain garde cependant encore espoir d'un deuxième revirement. Une enquête publique modificative prenant en compte le nouvel emplacement de l'ouvrage d'entonnement doit justement être menée au printemps, car il ne figurait pas dans la dernière enquête publique. Ce qui pose d'ailleurs question : comment alors déclarer le nouveau projet d'utilité publique?

«Le pot de terre contre le pot de fer»

« On va pouvoir y faire figurer nos critiques. Mais on ne pourra obtenir gain de cause que si la mairie nous soutient à fond », juge Jean-François Boullet. Le propriétaire note quand même que la SGP a été claire durant la réunion : « Elle nous a dit qu'elle ne reviendrait pas sur sa décision… » « Je vais militer pour une solution alternative », promet de son côté Jean-Paul Fauconnet, le nouveau maire (LR) de Rosny-sous-Bois, qui accuse son prédécesseur d'avoir délibérément incité la SGP à ne pas alerter les habitants sur son nouveau choix avant les élections municipales de 2020 pour éviter toute polémique. Ce que l'ex-édile Claude Capillon (LR) dément.

Newsletter L'essentiel du 93
Un tour de l'actualité en Seine-Saint-Denis et en l'IDF
Toutes les newsletters

« Malheureusement, on sait que ce dossier, c'est le pot de terre contre le pot de fer. C'est l'Etat qui aura le dernier mot, quoi que j'en dise », ajoute Jean-François Boullet. De son côté, la SGP détaille qu'à ce jour, six propriétaires ont trouvé un accord avec elle et que deux ventes ont déjà été signées. Elle se donne encore deux ans pour obtenir des accords à « l'amiable » avec le reste des riverains. Les éventuelles procédures d'expropriation n'auront donc pas lieu avant.