Procès du patron de la CGT 93 : pas de violences contre le policier mais un « outrage »

Hervé Ossant comparaissait devant le tribunal pour des violences commises en octobre 2019, lors de la venue du 1er ministre à Bobigny en 2019. Après étude d’une vidéo des faits, le parquet a demandé la requalification des faits en outrage.

 Tribunal judiciaire de Bobigny, ce lundi. Hervé Ossant, secrétaire général de l’UD CGT 93 était jugé pour des violences contre un policier, finalement requalifiées en « outrage ». 150 militants étaient venus le soutenir.
Tribunal judiciaire de Bobigny, ce lundi. Hervé Ossant, secrétaire général de l’UD CGT 93 était jugé pour des violences contre un policier, finalement requalifiées en « outrage ». 150 militants étaient venus le soutenir.  LP/N.R.

Leurs versions n'ont pas varié depuis les faits. Hervé Ossant, secrétaire générale de l'union départementale de la CGT, explique qu'il a juste fait tomber le calot du policier qui lui demandait de reculer. Le policier, absent à l'audience, maintient qu'il s'agissait d'une gifle bien sentie. Le bref affrontement a eu lieu le 31 octobre 2019, lors de la venue d'Edouard Philippe et d'une demi-douzaine de membres de son gouvernement en Seine-Saint-Denis. L'affaire était jugée ce lundi après midi devant la 12 e chambre du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). En fin de matinée, quelque 150 militants, dont Philippe Martinez, le patron de la CGT sont venus exprimer leur soutien au responsable syndical, sur le parvis du tribunal.

Ce jour d'octobre, alors que le gouvernement présente son « plan pour la Seine-Saint-Denis, Hervé Ossant, 53 ans, manifeste sur le parvis de la préfecture, avec une petite quinzaine de militants. Il est chargé par un cordon de policiers. Les forces de l'ordre demandent aux manifestants de reculer de 5 mètres, certains viennent au contact.

« Nous avons bien reculé de 10 mètres comme ils nous l'avaient demandé mais ils ont continué à pousser. Des camarades sont tombés par terre, parmi eux il y avait des retraités. Les policiers voulaient en fait que l'on sorte de là », assure Hervé Ossant.

« Les policiers m'ont dit : on va dire que c'est une gifle »

C'est ce moment qu'intervient l'épisode du calot que le secrétaire général ne conteste pas. « C'était une réaction, c'est la première fois que ça m'arrive », poursuit ce vieil habitué des manifs. « Quand les policiers m'ont amené derrière leur camion, ils m'ont dit : on va dire que c'est une gifle », précise-t-il.

Ça aurait pu être parole contre parole. Mais une vidéo a été tournée par un militant, en l'occurrence Abdel Sadi, élu depuis maire PCF de Bobigny. Elle montre clairement que le couvre-chef du policier vole au milieu de la cohue mais qu'aucune gifle n'est donnée. Le procureur Didier Allard a lui aussi visionné scrupuleusement les images. « Il y a eu une grosse foire d'empoigne et un peu d'échauffourées qui ont nécessité que les policiers repoussent les manifestants. Ces derniers manifestement ne veulent pas reculer. Mais on ne peut pas en déduire qu'il y a eu gifle, estime-t-il. Mais ce jour-là votre geste est allé au-delà de l'attitude que vous auriez dû avoir en tant que représentant syndical ».

Sur la base de cette appréciation, il propose une requalification des violences en outrage et demande une amende 500 € avec sursis. Me Laurence Cambonie, avocate du prévenu, enfonce le clou en estimant que « les policiers ont failli à leur mission. Ils ont chargé de façon brutale. Il y a eu un dérapage, mais du fait de la police ».

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L'affaire a été mise en délibéré. Il sera rendu le 22 février prochain.