Non-respect du «click and collect» : la librairie de Bagnolet échappera finalement à l’amende

Après un contrôle de police mardi suivi de l’annonce d’un PV de 135 euros pour une soi-disante table de retrait des commandes «non conforme», la librairie De beaux lendemains a reçu une vague de soutiens sur Facebook.

 Bagnolet, librairie De beaux lendemains, ce jeudi 19 novembre. Dans le cadre de la vente en « click and collect », les libraires ont été verbalisées mardi.
Bagnolet, librairie De beaux lendemains, ce jeudi 19 novembre. Dans le cadre de la vente en « click and collect », les libraires ont été verbalisées mardi.  De beaux lendemains

Au mélange d'incompréhension et d'agacement ont succédé une rapide mobilisation locale ainsi qu'un grand mouvement de soutien sur les réseaux sociaux. « Notre post a tellement été partagé (NDLR : plus de 3 300 fois ce jeudi soir, sur Facebook) qu'on a l'impression d'être de vraies Youtubeuses ! »

Rosalie Abirached, gérante avec Agathe de la librairie De beaux lendemains, à Bagnolet, est agréablement surprise du nombre de réactions indignées reçues après leur amer récit du contrôle de police suivi d'un PV de 135 euros, dans le cadre de la vente en click and collect.

Le vent de révolte qui a soufflé est retombé ce jeudi en fin de matinée : « Des policiers sont venus à la librairie pour nous dire que l'amende était levée, résume Rosalie Abirached. Mais nous ne sommes pas dupes, il fallait marquer le coup. »

La drôle de mésaventure commence mardi, vers 18 heures, lorsque plusieurs fonctionnaires en uniforme du commissariat des Lilas entrent dans la librairie. À l'extérieur, des clients attendent leur tour pour retirer les livres qu'ils ont achetés par Internet.

Table de retrait trop éloignée de la porte

Cette activité en « click and collect » pratiquée par les commerçants de France vise à compenser les conséquences économiques des mesures sanitaires contre le Covid-19, imposant la fermeture des magasins non essentiels. « Les policiers nous ont signifié que la table de retrait des commandes était trop éloignée de la porte, raconte Rosalie Abirached. Ils nous ont aussi dit qu'ils nous observaient depuis un petit moment, qu'il y avait un attroupement devant la librairie et que trois personnes étaient entrées en même temps! Il s'agissait des membres d'une même famille et à l'extérieur, ce sont nos clients qui attendaient. »

«L'absurdité dans toute sa splendeur»

La gérante des Beaux lendemains déchante. Dans son post sur Facebook, elle raconte : « La table incriminée, accolée au paillasson, s'étend de toute sa longueur dans l'entrée du magasin, barrant ostensiblement le passage. Nous aurions dû la coller à la porte, quitte à ne plus accéder aux vitrines, ni permettre aux livraisons de se frayer un passage, quitte à servir nos clients sous une pluie battante. L'absurdité dans toute sa splendeur. »

La libraire pense alors « s'en tirer avec une mise en garde » mais « on nous annonce une verbalisation de 135 euros, 3 700 euros en cas de récidive », souligne-t-elle. Les policiers relèvent les identités des patronnes pour l'envoi du PV. « Elles n'étaient pas du tout en infraction et il n'y avait aucune raison de les verbaliser », regrette Guillaume Husson, du Syndicat de la librairie française.

La même mésaventure dans une librairie des Lilas

« C'est d'autant plus incompréhensible que le protocole sanitaire est respecté, renchérit Emilie Trigo, maire adjointe en charge de la Tranquillité publique à Bagnolet. J'y suis passée mardi vers 16 heures, avant le contrôle des policiers pour retirer des livres et tout était conforme. »

Dans la commune d'à côté, Folies d'encre, aux Lilas a vécu il y a une dizaine de jours une mésaventure similaire. Là encore, le PV n'a finalement pas été expédié.