Montreuil met des drapeaux aux fenêtres pour soutenir son hôpital

Une manifestation virtuelle était organisée ce samedi. Objectif : obtenir la reprise totale de la dette de l’établissement, plombé par les emprunts toxiques.

 Montreuil. 3 000 drapeaux ont été distribués dans toute la ville, afin de soutenir le centre hospitalier intercommunal dont le budget est plombé par une dette de 98 M€.
Montreuil. 3 000 drapeaux ont été distribués dans toute la ville, afin de soutenir le centre hospitalier intercommunal dont le budget est plombé par une dette de 98 M€. LP/E.M.

Ça n'est pas une démonstration de force mais, en arpentant les rues autour du centre hospitalier intercommunal (CHI) de Montreuil, on repère bien quelques drapeaux ici ou là. Ce samedi, l'hôpital et la municipalité ont organisé une manifestation virtuelle pour soutenir les soignants et pour réclamer la reprise totale de la dette de l'établissement hospitalier.

La ville a ainsi distribué 3 000 drapeaux que les habitants pouvaient afficher devant chez eux. Ils étaient ensuite invités à poster une photo sur les réseaux sociaux avec le mot-clé : « Hôpital Day ».

Le CHI André-Grégoire affiche une dette de 98 millions d'euros, en grande partie liée à des emprunts toxiques contractés pendant la crise des subprimes en 2008, qui plombe son budget. En décembre 2019, le gouvernement s'est engagé à reprendre un tiers des dettes hospitalières - le projet de loi est examiné en ce moment. De son côté, l'Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France s'est récemment prononcée pour que le cas de Montreuil soit parmi les premiers dossiers examinés.

«Cette dette nous empêche de faire des investissements»

« C'est une très bonne nouvelle », se félicite le maire (PCF) Patrice Bessac. Mais cela ne lui suffit pas : « nous demandons que l'on tienne compte des inégalités entre les hôpitaux, entre les territoires. Nous sommes une population en plein essor, le métro passera bientôt au pied de l'hôpital, il faut créer les conditions de l'avenir. »

« Cette dette nous empêche de faire des investissements, d'acheter du matériel et d'embaucher du personnel comme des médecins spécialistes… », détaille Paul Chalvin, le directeur du CHI.

« Cela nous empêche aussi de faire des travaux : on voudrait réhabiliter des bureaux pour en faire des unités d'hospitalisation afin d'augmenter le nombre de lits », poursuit-il. Les travaux de rénovation des urgences en cours sont à 100 % financés par l'ARS. « Nous ne pouvons rien lancer sans financement de l'ARS », déplore le directeur du CHI.

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Alors la mobilisation se poursuit aux fenêtres… et sur les murs. Une fresque en hommage aux soignants sera bientôt terminée sur un pignon d'immeuble de la rue du Capitaine-Dreyfus.