Mais que faisait une voiture municipale de Montreuil à une manif anti-chasse à courre dans l’Oise ?

Prise à partie sur les réseaux sociaux, la mairie de Montreuil indique qu’une enquête administrative est en cours. Un nouvel épisode qui illustre la guerre sans merci à laquelle se livrent partisans et détracteurs de la chasse à courre.

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 La photo d’un véhicule de service de la ville de Montreuil circule sur les réseaux sociaux, elle aurait été prise lors d’une manifestation anti-chasse à courre en forêt de Compiègne samedi.
La photo d’un véhicule de service de la ville de Montreuil circule sur les réseaux sociaux, elle aurait été prise lors d’une manifestation anti-chasse à courre en forêt de Compiègne samedi. DR

Pour l'instant, la raison de sa présence sur place est un mystère. Ce samedi, alors que la neige venait cloîtrer un peu plus chez eux les habitants d'Ile-de-France, un véhicule municipal de Montreuil était pris en photo en forêt de Compiègne, dans l'Oise, en marge d'un rassemblement contre la chasse à courre. De quoi nourrir les polémiques entre partisans et détracteurs de cette pratique héritée de la monarchie, légale mais controversée. Cette fois, Montreuil, ville sans forêt ni cervidé, en a été l'improbable témoin, son maire ayant été interpellé à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux.

« J'ose espérer que ce n'est pas quelque chose qui est fait avec la bénédiction de la municipalité. On parle quand même d'utiliser un véhicule de la ville pour aller faire du militantisme, et en plus dans un autre département », fustige ce lundi Thomas Drach, chasseur à courre membre de l'équipage la Futaie des amis. Et de rappeler : « Un fonctionnaire territorial a un devoir de réserve. J'aimerais que le maire condamne publiquement ce fait et j'aimerais ne plus jamais revoir cette voiture en forêt de Compiègne. »

«Cet agent risque une sanction lourde»

Tout en précisant bien que l'élu est « totalement contre la chasse à courre », l'entourage de Patrice Bessac (PCF) répond ce lundi : « Le maire considère que ces véhicules doivent servir à la ville et au service public. Il a donc demandé au directeur général des services de mener une enquête pour trouver la personne concernée et comprendre ce qui s'est passé. Ce type d'usage n'est pas tolérable et les services feront tout pour la retrouver. Cet agent risque une sanction lourde. » Le parc automobile municipal compte plus de 200 véhicules mais il faut badger pour en emprunter un, l'enquête pourrait donc ne pas être bien ardue.

« J'ai vu que les chasseurs à courre avaient fait tout un pataquès là-dessus, commente Stanislas Broniszewski, porte-parole du collectif Abolissons la vénerie aujourd'hui (AVA). Mais ça ne concerne pas notre mouvement ! Si c'est une faute professionnelle, j'imagine que la personne va devoir s'en expliquer, c'est sa responsabilité. Ça ne me paraît pas vraiment un sujet. »

Cet épisode révèle en tout cas à nouveau la guerre sans merci à laquelle se livrent les partisans de la chasse à courre et leurs détracteurs. Selon Stanislas Broniszewski, il illustre « le harcèlement » dont les membres d'AVA sont victimes. « Les gens reçoivent des menaces à leur travail, ils se font crever les pneus, énumère-t-il. Il y a deux semaines, les chasseurs à courre venaient de tuer un cerf dans un étang glacé. On essayait de filmer et deux d'entre nous ont été agressés. »

« Nous prenons des photos car eux le font, explique de son côté Thomas Drach. Ils produisent régulièrement des montages, ils ajoutent des bruitages et cela fait trois ans que ça dure. On fait des photos car c'est très compliqué en forêt d'obtenir des preuves. »

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Le 12 janvier, une chasse à courre se terminant à la gare de Chantilly (Oise) a effectivement fait le buzz sur Internet. Elle a aussi occasionné une interruption de la circulation des trains de la ligne Paris-Chantilly pendant près de trois heures.