Le Covid n’a pas ralenti le déploiement de la fibre en Seine-Saint-Denis

Orange et SFR FTTH disent être en mesure de tenir leurs délais malgré l’année chaotique. La quasi-totalité du département sera donc raccordable fin 2022.

 Illustration. Interventions de techniciens chargés de déployer la fibre pour Orange.
Illustration. Interventions de techniciens chargés de déployer la fibre pour Orange. DR

Confinés, invités à télétravailler ou contraints à passer leurs soirées chez eux à cause du couvre-feu, de plus en plus d'habitants de la Seine-Saint-Denis ont désormais la possibilité de profiter de connexions… fibrées. Chargés du déploiement dans la quasi-totalité du département, Orange et SFR FTTH assurent par ailleurs être en mesure de tenir leurs prochains objectifs, et ce malgré l'année chaotique écoulée.

En Seine-Saint-Denis, l'enjeu est grand alors que le département accueillera de nombreuses épreuves des Jeux olympiques, et le Village des médias près du parc de La Courneuve, dans moins de quatre ans. Sans parler de la construction en cours du Grand-Paris-Express qui devrait attirer de nouvelles populations et de nombreuses entreprises.

« On s'était engagé à tout achever d'ici à la fin de l'année 2022 et vous pouvez l'écrire en majuscule : l'objectif sera tenu », annonce ainsi Daniel Nabet, délégué régional d'Orange, chargé du déploiement dans 26 communes du 93.

Et qui précise quand dans certaines, « 100 % des clients peuvent désormais prétendre à la fibre. » C'est le cas par exemple à Saint-Ouen, au Pré-Saint-Gervais, à Noisy-le-Grand, Livry-Gargan…

Les techniciens sur le terrain pendant le confinement

Le confinement, au printemps, a-t-il freiné les interventions des techniciens? « Très peu, car on a toujours eu des salariés sur le terrain, en particulier ceux qui installaient la fibre, sur la base du volontariat les premières semaines, précise Daniel Nabet. Ensuite, on a mis en place des protocoles sanitaires drastiques pour les protéger et permettre à tout le monde de reprendre. Il n'y a finalement eu que très peu de cas de Covid. »

Alors que la France restait à la maison, les techniciens ont donc pu s'affairer sur l'espace public. « On a eu beaucoup plus de difficulté à entrer dans les immeubles collectifs car les syndics n'étaient pas là pour ouvrir les portes », reconnaît en revanche le directeur. Mais ce travail a pu être « rattrapé pendant l'été. »

Les bureaux d'études à l'arrêt

Du côté de SFR FTTH, chargé de déployer dans la zone moins dense du département, on indique que les timings sont également respectés. La preuve : en 2018, l'opérateur s'était engagé à rendre raccordables 144 000 logements dans le département. Un chiffre qui a été dépassé début octobre.

« Le confinement a, certes, eu un impact, mais il n'a pas été constaté immédiatement sur le terrain car nos équipes ont continué à travailler, notamment dans l'espace public pour emmener la fibre dans la rue », explique lui aussi Jean-Claude Brier, le délégué régional d'Altice France.

Surtout, SFR avait « de l'avance sur ses objectifs » début mars, poursuit-il. « Nous étions à environ 125 % du déploiement, ce qui a permis d'amortir les effets du confinement. » A la sortie, le contrat a donc pu être rempli dans les temps.

Le creux est en fait survenu durant l'été, avec le retard pris quelques semaines plus tôt par certains bureaux d'études, qui interviennent en amont du déploiement. « Certains dossiers ont pris du retard car les salariés de ces bureaux se sont retrouvés en chômage partiel ou en télétravail, et tout ne peut se faire à distance », poursuit le délégué régional.

Un déploiement qui « ne s'arrête jamais »

Il rappelle par ailleurs que le déploiement ne s'est pas arrêté avec ces 144 000 prises désormais raccordées. Car la convention que SFR avait signée avec l'Etat datant de 2018, depuis, déjà plus de 20 000 nouveaux logements sont apparus dans le département.

Comme c'est le cas pour Orange, SFR FTTH doit donc désormais assurer la « complétude », c'est-à-dire emmener la fibre dans tous les nouveaux bâtiments. « Le département est très dynamique et de nombreuses communes poursuivent donc leur croissance, avec des programmes immobiliers qui continuent à pousser, poursuit Jean-Claude Brier. Et il est même important de dire que cela ne s'arrête jamais. Le logement qui sera construit dans quelques mois, il sera raccordé. Certains pensent être passés à côté mais il est toujours bon de rappeler que les programmes se poursuivent et que nous, derrière, on raccorde. »

L'un des exemples les plus frappants se trouve peut-être à Montfermeil, qui bénéficie d'un boost de population, avec « l'effet tramway », l'arrivée du T4 dans la ville. En 2018, SFR s'était engagé à rendre raccordables 9800 prises dans la commune. Un chiffre passé, depuis, à 12 500.