La tour de contrôle historique du Bourget ouvre pour la première fois au public

Après des travaux de restauration, la tour de contrôle de l’aérogare Art déco de 1937 s’ouvre aux visiteurs à partir de dimanche. Une avant-première gratuite organisée par le Musée de l’Air et de l’Espace.

 La tour de contrôle historique de l'aéroport du Bourget s'ouvre pour la première fois au public, à partir de dimanche. Le musée de l’Air et de l’Espace l’ouvrira ensuite trois fois par semaine.
La tour de contrôle historique de l'aéroport du Bourget s'ouvre pour la première fois au public, à partir de dimanche. Le musée de l’Air et de l’Espace l’ouvrira ensuite trois fois par semaine. Frédéric Cabeza

« L'une des seules au monde ouverte de façon permanente à la visite... » C'est une fierté pour le musée de l'Air et de l'Espace d'accueillir le public, à partir de ce dimanche, au coeur de la tour de contrôle historique de l'aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis). L'avant-première qui est gratuite est organisée dans le cadre des journées nationales de l'architecture. Et dès mercredi, de nouvelles visites se répèteront sur un rythme de trois fois par semaine.

Il s'agit d'un retour à la vie pour ce pan du patrimoine aéronautique. L'équipement est complètement désaffecté depuis 1993, date de la mise en service de l'actuelle vigie du ciel, au nord du premier aéroport d'affaires d'Europe.

Haute d'une quinzaine de mètres, l'ancienne tour de contrôle, que des petits groupes de dix personnes découvriront dimanche, a elle-même été reconstruite en 1953. Elle a remplacé la toute première structure conçue par l'architecte Georges Labro en 1937, dans le même temps que l'aérogare de style Art déco. Ce lieu est aussi mythique que symbolique puisqu'il incarne le berceau de l'aviation française. Les plus grands pionniers ont marqué Le Bourget par leurs exploits et leurs innovations qu'ils s'agissent de Charles Lindbergh ou Charles Nungesser.

Problèmes de visibilité

Le départ inéluctable du trafic commercial en 1981 et le développement de l'aviation d'affaires à l'autre bout de l'aéroport, sur la partie nord, va progressivement condamner la tour historique : l'absence de visibilité à 360°C et la hauteur limitée font que l'équipement devient obsolète pour la gestion du flux aérien. Des caméras vidéos sont même implantées à l'époque pour compenser provisoirement les insuffisances...

Mais ce dimanche, derrière les parois vitrées et à une quinzaine de mètres de hauteur, le public aura en revanche une vue imprenable sur le Sacré-Coeur, la tour Eiffel et bien sûr les allées-et-venues des jets d'affaires. Malgré la crise économique et sanitaire liée au Covid, la plate-forme du Bourget résiste tant bien que mal et a d'ailleurs rénové de fond en comble sa piste d'atterrissage principale à la fin de l'été. L'opérateur le plus affecté par les contrecoups est la société Encore FBO. Spécialisée dans l'assistance aéroportuaire, elle a dû fermer un de ses deux terminaux. Les salariés inquiets par le plan de sauvegarde de l'emploi ont d'ailleurs manifesté ce vendredi devant les bureaux de la direction.

Le Musée de l'Air se réinvente aussi de son côté pour s'adapter aux restrictions sanitaires. L'ouverture de la tour de contrôle s'accompagne d'animations numériques disposées au 3e étage de l'équipement : les visiteurs pourront découvrir les différentes étapes d'un atterrissage. Et en 2022, deux autres niveaux de la tour vont également recevoir du public, à travers une exposition consacrée aux outils de la navigation aérienne et développée avec la DGAC.

Pour dimanche, les visiteurs doivent s'inscrire sur place, au musée de l'Air, pour accéder à la tour de contrôle. A partir de mercredi, la visite se fera avec un supplément de 4€ sur le billet. Infos : www.museeairespace.fr