Guet-apens contre des policiers à Sevran : deux prévenus relaxés, jusqu’à 7 ans de prison pour les trois autres

Jugés en deuxième instance par la cour d’appel de Paris, ils étaient accusés d’avoir participé, en juillet 2017 à Sevran, au guet-apens ultra-violent qui avait visé les policiers de la CSI.

 Sevran, juillet 2017. Appelés pour des feux de poubelles, les policiers étaient tombés dans un guet-apens.
Sevran, juillet 2017. Appelés pour des feux de poubelles, les policiers étaient tombés dans un guet-apens.  LP/Jean-Baptiste Quentin

Trois des cinq hommes qui avaient comparu en janvier devant la cour d'appel de Paris pour des violences commises à l'encontre des policiers de la compagnie d'intervention et de sécurisation (CSI 93) ont vu leur peine alourdie d'un an ce vendredi. Ils avaient écopé de 6 ans de prison en première instance. Ils ont été condamnés à 8 ans dont un avec sursis pour deux d'entre eux et 7 ans pour l'autre, dont deux avec sursis. En revanche, deux autres prévenus qui avaient été condamnés à 6 ans en correctionnelle, ont été relaxés.

Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2017 à Sevran (Seine-Saint-Denis), les policiers de la CSI sont appelés pour un banal feu de poubelle. Mais quand ils arrivent sur place ils ne tardent pas à s'apercevoir qu'ils sont tombés dans un guet-apens. Les projectiles pleuvent, les insultes aussi.

« Tuez-les »

Sur une vidéo tournée cette nuit-là on entend clairement « Niquez-les », « Tuez-les ». L'avocate générale déclarera : « Rarement dans un dossier on a pu constater une telle volonté de mise à mort ». L'un des fonctionnaires de police est littéralement lynché. Pour se dégager, il tire plusieurs fois avec son arme de service. L'un des tirs va blesser l'un de ses assaillants au thorax.

Vendredi, la cour d'appel de Paris a décidé de condamner lourdement trois des prévenus, notamment celui qui avait filmé la scène et celui qui avait été blessé, mais elle a aussi relaxé deux autres mis en cause pour absence de preuve. L'un d'eux avait pourtant été formellement reconnu par un policier. Mais, à la lueur de la reconstitution, le doute s'était sérieusement insinué quant à sa participation aux faits. Thomas Ramonatxo, son avocat, se félicite de cette décision : « Une erreur judiciaire a été réparée. Ce dossier a été incroyablement mal instruit. Mon client a quand même passé 24 mois en détention provisoire ».