En Seine-Saint-Denis, la crise sanitaire a aggravé la situation des lycéens sans papiers

Le collectif « Régularisez nos élèves sans papiers » a organisé plusieurs manifestations ce jeudi pour demander à la préfecture de traiter les dossiers des lycéens en attente de régularisation.

 Noisy-le-Grand, jeudi. Un rassemblement était organisé au lycée Flora-Tristan.
Noisy-le-Grand, jeudi. Un rassemblement était organisé au lycée Flora-Tristan.  DR

Du lycée Flora-Tristan à Noisy-le-Grand au lycée Jean-Jaurès à Montreuil en passant par le lycée Arthur-Rimbaud à La Courneuve… Ce jeudi, le collectif « Régularisez nos élèves sans papiers », réunissant des personnels de l'Education nationale, a organisé de nombreuses manifestations devant les établissements scolaires de Seine-Saint-Denis pour demander la régularisation des lycéens en situation irrégulière.

Enseignants, parents d'élèves et élus locaux se sont rassemblés pour interpeller la préfecture et le recteur de l'académie de Créteil, Daniel Auverlot, sur le sujet.

Titre de séjour obligatoire à partir de 18 ans

« Lorsqu'ils sont mineurs, les étrangers ne sont pas obligés d'avoir un titre de séjour, mais lorsqu'ils deviennent majeurs, cela devient obligatoire. Ils doivent régulariser leur situation dans l'année de leurs 18 ans. Or, ils ne peuvent pas le faire, car ils n'arrivent pas à obtenir de rendez-vous en préfecture », décrit une enseignante du lycée Arthur-Rimbaud à La Courneuve, qui estime que le 93 compte plusieurs centaines d'élèves dans cette situation.

Avant pour prendre un rendez-vous en préfecture, les étrangers devaient s'y rendre directement. Depuis plusieurs années, la prise de rendez-vous se fait directement sur Internet. « Il n'y a plus de file d'attente physique en préfecture, mais elle existe toujours virtuellement. Cela a même compliqué les choses. Les élèves n'arrivent pas à se connecter pour prendre de rendez-vous et ne parviennent donc pas à déposer leur dossier de régularisation auprès des agents préfectoraux », poursuit l'enseignante.

Le collectif en appelle au préfet

Cette dernière a constaté une aggravation de la situation avec la crise sanitaire. « Les services de la préfecture ont fermé durant le confinement, ce qui a encore plus accentué les difficultés. »

Ce jeudi, le collectif souhaitait interpeller directement le préfet et le recteur de l'académie de Créteil pour leur demander d'intervenir sur ce dossier. Selon une enseignante, la préfecture - qui n'a pas répondu à nos sollicitations - aurait accepté de rencontrer le collectif ce jeudi soir.

Sollicité, le rectorat de Créteil estime que ce problème relève des autorités préfectorales.