Attaque à l’arme blanche à Paris : et soudain, Castex interrompt sa réunion en Seine-Saint-Denis

Il devait prendre la parole pour annoncer des mesures en faveur du département... Mais le Premier ministre a quitté précipitamment les lieux pour se rendre à la cellule de crise après l’attaque à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris (XIe).

Tout ce que compte la Seine-Saint-Denis de maires, d'élus, et d'huiles en tous genres, ou presque, étaient suspendus aux lèvres de Jean Castex. Ce vendredi, peu après 12h30, dans le hangar de la Cité fertile à Pantin, le Premier ministre devait annoncer des mesures d'ampleur pour le département, près d'un an après le lancement d'un plan d'aide pour la Seine-Saint-Denis. Conclusion d'une visite marathon démarrée à 9 heures au commissariat de Saint-Ouen.

Las : aucune annonce, mais un départ précipité du Premier ministre et d'une bonne partie du gouvernement, prévenus quelques minutes plus tôt d'une attaque à l'arme blanche survenues à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo. Le parquet antiterroriste a été saisi.

« A mon avis, ça ne va pas durer bien longtemps », souffle un maire branché sur Twitter

« Bonjour à tous. Je suis très heureux d'être de nouveau dans ce beau département », a d'abord lancé Jean Castex, apparu à la tribune encadré par le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, celui de l'Intérieur, Gérald Darmanin, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, Amélie de Montchalin, de la Fonction publique, et Jacqueline Gourault, aux Territoires.

Entouré, aussi, d'une armée de conseillers en costumes cintrés dont le stress a mis la puce à l'oreille des élus locaux. « A mon avis, ça ne va pas durer bien longtemps », souffle un maire à l'oreille de son voisin, le smartphone connecté aux fils d'information Twitter.

Il promet de revenir bientôt

Tout juste : « Malheureusement, je vais devoir vous quitter plus tôt que prévu. Je viens d'apprendre qu'une attaque a eu lieu à Paris, devant l'ancien siège de Charlie Hebdo, je me rends immédiatement place Beauvau, à la cellule de crise », déclare le Premier ministre, devant une assistance médusée d'être happée par une actualité aussi dramatique. « Le bilan est pour l'instant de quatre blessés, dont deux dans un état grave », précise aussi Jean Castex, qui, avant de fendre l'auditoire avec ses gardes du corps et son cabinet, jure qu'il « reviendra ».

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Quelques secondes, l'assistance est sonnée. Les annonces tant attendues — prime de fidélisation des agents, lancement d'un grand hôpital à Saint-Ouen, entre autres — ne sont plus le sujet. On s'échange des regards interdits. Stéphane Troussel, président socialiste du département, qui misait énormément sur les annonces à venir, ne commente pas. « L'heure est trop grave pour faire quelque commentaire que ce soit », indique-t-il.

Même son de cloche chez la plupart des élus interrogés. « Ce serait indécent de dire qu'on est frustrés de ne pas savoir ce qu'il en sera de la Seine-Saint-Denis », renchérit un maire de droite du département.

Castex et Darmanin disparaissent en quelques secondes

Dehors, c'est Jean-Michel Blanquer qui part le dernier, une bonne dizaine de minutes après Jean Castex et Gérald Darmanin, disparus en quelques secondes. A peine dans sa voiture, le Premier ministre se fend d'un Tweet : « Une attaque à l'arme blanche a été perpétrée à proximité des anciens locaux de l'hebdomadaire Charlie Hebdo. Je me rends immédiatement place Beauvau pour faire un point sur la situation avec le ministre de l'Intérieur », retweeté dans la seconde par son collègue de l'Intérieur.

Une demi-heure après ce coup de tonnerre, ne restent sur place que quelques journalistes, les responsables de la Cité fertile et une poignée d'élus locaux. Et le préfet de Seine-Saint-Denis, Georges-François Leclerc, affairé à raccompagner chacun à sa voiture officielle. Dans un concert de sirènes de police.

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