Ado laissé pour mort au Bourget : les jeunes agresseurs de Brady placés sous contrôle judiciaire

Tous mineurs, ils avaient sévèrement blessé Brady, 15 ans, dans une cave du Bourget.

 Le Bourget, jeudi 28 janvier. C’est dans la cave de cet immeuble que Brady a été retrouvé baignant dans son sang.
Le Bourget, jeudi 28 janvier. C’est dans la cave de cet immeuble que Brady a été retrouvé baignant dans son sang. LP/N.R.

Ils ne sont guère plus vieux que leur victime. Les huit mineurs âgés de 16 ans qui avaient lardé de coups de couteau Brady, 15 ans, au Bourget (Seine-Saint-Denis), « ont été déférés devant le juge des enfants pour violences avec incapacité temporaire totale (ITT) de 8 jours, en l'occurrence 10 jours, avec arme et en réunion. Ils ont tous été placés sous contrôle judiciaire », indique le parquet de Bobigny.

Brady avait été retrouvé inanimé, baignant dans son sang, par la police avec de profondes plaies sur le corps et en particulier au ventre et sur les fesses. Il portait aussi des traces de coups au visage. Un peu plus tôt, les policiers avaient été appelés pour une rixe entre le quartier du Gai-Logis au Bourget et la cité Maurice-Thorez à Dugny.

Ils prennent la pose sur Snapchat

La rencontre avait eu lieu au pied de la résidence du Gai Logis. Brady avait trouvé refuge dans l'une des caves. Mais la bande rivale l'avait repéré et en avait profité pour se déchaîner sur lui à coups de poing et en le lardant de coups de couteau. A l'arrivée des forces de l'ordre, tout le monde s'était enfui, en laissant Brady dans la cave.

C'est grâce à un méticuleux travail d'exploitation de la vidéo surveillance et à des investigations sur les réseaux sociaux favoris des adolescents que les policiers de La Courneuve ont pu remonter jusqu'aux auteurs. Ces derniers s'étaient empressés de prendre la pose sur Snapchat en exhibant avec fierté leurs couteaux.

« Ils n'ont pas le droit de faire couler le sang de mon fils »

Depuis les faits, Brady est en convalescence. Il n'a pas repris l'école. Son père que nous avons joint par téléphone explique que son fils « a peur de représailles ». Il appelle les deux quartiers au calme et indique que « la justice doit faire son travail ».

« Il doit y avoir un procès équitable car ils n'ont pas le droit de faire couler le sang de mon fils », lâche-t-il. A ses côtés Brady assure, lui, qu'il « garde le moral ». Il n'a pas compris pourquoi, ces jeunes de 16 ans s'en sont pris a lui. Il n'habite même pas le quartier du Gai-Logis, ciblé par les agresseurs. Pendant qu'ils le frappaient à la tête et le lardaient de coups de couteau, aucun de ses agresseurs n'a dit mot. Lui aussi est resté silencieux : « Je n'ai pas crié car j'ai pensé que personne ne m'entendrait ». Pourtant une résidente de l'immeuble, infirmière de profession, est descendue lui porter les premiers soins. « Si elle ne s'était pas déplacée, mon fils serait parti », reste persuadé son père qui a porté plainte.