À Aulnay-sous-Bois, le maire craint que le Covid-19 ne porte un coup fatal à la vie locale

Le maire LR Bruno Beschizza demande un « accord de principe » au préfet de Seine-Saint-Denis pour maintenir les événements d’automne dans sa ville, malgré le Covid-19. Sous peine de tuer le centre-ville.

 Aulnay, ce jeudi. Le maire d’Aulnay-sous-Bois a écrit au préfet pour garantir le maintien des événements municipaux malgré la crise du Covid.
Aulnay, ce jeudi. Le maire d’Aulnay-sous-Bois a écrit au préfet pour garantir le maintien des événements municipaux malgré la crise du Covid. DR

Le Covid-19 ne doit pas tuer les centres-villes de banlieue. C'est, en substance, le message d'un courrier récemment envoyé au préfet de Seine-Saint-Denis, Georges-François Leclerc, par le maire (LR) d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza.

Alors que l'évolution de l'épidémie rend de plus en plus incertaines les possibilités de rassemblement public pour cause de sécurité sanitaire, le maire veut des garanties pour les événements municipaux. Sous peine, craint-il, que le virus ne tue aussi le lien social dans sa commune.

Dans sa missive, il demande « une autorisation de principe » au préfet pour toutes les fêtes organisées par la ville cet automne. À commencer par la très prisée « Fête de l'arbre », samedi et dimanche, qui brasse depuis des années des milliers de personnes dans le parc Dumont, en centre-ville.

Maintenir les événements pour la « vitalité » du territoire

« Annuler les grands événements festifs, culturels et commémoratifs porterait un coup fatal à nos commerçants, nos prestataires, et plus largement, à la vie locale d'Aulnay-sous-Bois », explique Bruno Beschizza au préfet, se disant par ailleurs, déterminé à organiser ces événements « dans le plus strict respect des préconisations sanitaires ».

S'appuyant sur la nécessaire « co-construction » animant élus et Etat depuis le début de la crise — le fameux « mariage -maire-préfet » — il demande donc à ce que les services de l'Etat n'interdisent aucun de ces événements pour ne pas porter atteinte à la « vitalité » du territoire.

Outre la fête de l'arbre, ce week-end du 10 et 11 octobre, à laquelle sont attendues « 2 000 à 3 000 personnes », Bruno Beschizza anticipe aussi les célébrations du 11 novembre, ou le futur musée éphémère dédié au général de Gaulle, qui sera installé à partir du mois de novembre et doit durer jusqu'en décembre.

Pas plus de 1 000 personnes

Selon nos informations, la préfecture - qui n'a pas répondu à nos sollicitations - n'a pas donné suite au courrier du maire. Dans sa batterie de nouvelles mesures sanitaires annoncées le 5 octobre dernier, et valables jusqu'au 19 octobre, l'Etat interdit les événements rassemblant plus de 1 000 participants en même temps. La ville devrait donc s'en tenir à cette règle. « C'est en extérieur, nous respecterons la jauge », indique-t-on en mairie.

« Indispensable », juge-t-on unanimement du côté des commerçants et des habitants d'Aulnay-sous-Bois. « La ville a besoin d'événements qui créent du lien. Sinon elle redeviendra une cité-dortoir », maugrée Marc, croisé ce jeudi matin sur le marché du centre-ville. Il habite « depuis trente ans » à Aulnay-sous-Bois. « Sans fêtes, sans brocantes, on ne parle plus que de nous en mal. Il ne reste que les voitures brûlées et un taux de chômage délirant. C'est pas avec ça qu'on unit une commune, en somme, qu'on fait corps », décrypte l'octogénaire, impliqué dans plusieurs associations locales.

« Supprimer les fêtes serait un coup de massue »

Karima, vendeuse sur un stand du marché, abonde : « L'an dernier, on a été élu plus beau marché d'Île-de-France par la chaîne TF1. C'était une super pub ! On a vu des gens venir d'autres villes pour nous voir. Ça développe une attractivité, il ne faut pas stopper cet élan. D'autant que le confinement a été très dur pour nous, supprimer les fêtes à venir serait un coup de massue… »

C'est exactement ce que redoute Kamel Lakal, responsable de l'association Au cœur des commerces d'Aulnay, qui fédère une soixantaine d'enseignes. « Quand vous avez la Fête de l'arbre, ou la Fête du chocolat, deux événements locaux rassemblant des milliers de personnes sur quelques rues, c'est excellent pour les boutiques », plaide-t-il, arguant que « tous les commerces profitent de l'effet de ces événements ».

« On fait des affaires, quoi », insiste-t-il. Or, faire des affaires est en ce moment indispensable pour les magasins indépendants du centre-ville. « On n'est pas sortis de la crise, certains n'ont pas encore épongé leurs dettes et on craint beaucoup pour les achats de Noël ! La période est incertaine… Il est donc vital de préserver les endroits de vie ! »

Fête de l'arbre, ce samedi de 10 heures à 18 heures, et dimanche, de 10 heures à 18 heures. Au parc Dumont.