Villeparisis : condamné pour avoir blessé un policier lors d’un contrôle

Le prévenu, âgé de 18 ans, a été jugé ce vendredi. Mercredi, il s’était lancé dans une course-poursuite, après avoir refusé d’obtempérer à un contrôle. Son Opel Vectra avait percuté une voiture de police et blessé un policier à Villeparisis.

 Illustration. Le parquet de Meaux avait requis un an de prison, dont six mois ferme, avec mandat de dépôt.
Illustration. Le parquet de Meaux avait requis un an de prison, dont six mois ferme, avec mandat de dépôt. LP/Guénaèle Calant

« On ne se lève pas le matin en se disant qu'on ne rentrera pas chez soi le soir » : ce jeune policier de Villeparisis, qui s'exprimait ce vendredi à la barre du tribunal correctionnel de Meaux, a eu la peur de sa vie, mercredi.

Ce soir-là, un chauffard au volant de son Opel Vectra, qui refusait d'obtempérer à un contrôle, a foncé dans une voiture de police. Celle-ci était positionnée en travers de la route, pour l'arrêter. Les fonctionnaires – qui s'apprêtaient à lancer des herses sur la chaussée - avaient pris soin de laisser une place suffisante sur le côté, pour permettre au fuyard de s'échapper.

Le fonctionnaire s'est retrouvé coincé entre la portière et l'habitacle, sans compter que les roues sont passées sur ses pieds. Le tribunal, qui a requalifié la scène en blessures involontaires, a condamné le jeune homme à 18 mois de prison, dont 9 ferme, qu'il exécutera en semi-liberté.

La course-poursuite a duré une demi-heure

« Ma seule erreur, ça a été de passer à un feu orange », a assuré Gaëtan, 18 ans, jugé en comparution immédiate. Avant de nier avoir délibérément foncé sur le véhicule de police : « Si j'avais voulu taper de plein fouet, le policier aurait eu les jambes cassées ». Et le président de suggérer : « C'était donc un accident de la route ? »

Réponse affirmative du prévenu, qui assure avoir eu du mal à maîtriser son véhicule à cause d'un pneu crevé. A ceci près qu'après le choc, il a roulé encore longtemps. « Nos regards se sont croisés, et à aucun moment il n'a essayé de m'éviter ou de freiner », se rappelle le policier. L'automobiliste était si déterminé qu'il roulait sur la jante.

La substitute du procureur Nathalie Scholler a lu la longue liste des rues et des ronds-points que le chauffard a empruntés à une folle allure. La course-poursuite - qui a démarré au rond-point de Carrefour à Claye-Souilly et s'est arrêtée avenue Louis à Villeparisis - a duré une demi-heure.

Le fuyard roulait sans permis et sans assurance

RN3, A 104, caserne de pompiers de Mitry-Mory : le fuyard a pris tous les risques, obligeant un autre policier à se jeter sur le côté, avant de finir sa course contre un panneau de signalisation et une bordure en ciment.

Toujours pas prêt à s'arrêter, Gaëtan a poursuivi sa fuite à pied, avant d'être rattrapé. Le jeune homme, qui n'avait ni bu d'alcool, ni consommé de stupéfiants, conduisait « seulement » sans permis et sans assurance.

La substitute du procureur était très remontée contre le prévenu : « Il faut arrêter de ne pas assumer ! Il n'entre pas dans la mission d'un policier de se faire rouler dessus. » La parquetière a requis un an de prison, dont six mois ferme, avec mandat de dépôt, pour violences aggravées, délit de fuite, refus d'obtempérer, conduite sans permis et sans assurance, dégradation de bien.