Vaux-le-Pénil : leur livre veut réaffirmer l’identité de gauche de la ville

Cet ouvrage collectif de douze auteurs revient sur trente ans de vie communale avec l’intermède du maire Pierre Herrero jugé « social libéral », et des pistes sur l’avenir.

 Vaux-le-Pénil, 25 septembre.  Les auteurs de l'ouvrage collectif "Un printemps pénivauxois" autour de Jean-François Chalot et Julien Guérin (au centre, assis).
Vaux-le-Pénil, 25 septembre. Les auteurs de l'ouvrage collectif "Un printemps pénivauxois" autour de Jean-François Chalot et Julien Guérin (au centre, assis). LP/Sophie Bordier

«Pour se projeter dans l'avenir, il faut bien connaître le passé ». Tels sont les mots de Julien Guérin, candidat Gauche républicaine et socialiste aux dernières élections municipales à Vaux-le-Pénil et professeur... d'histoire-géographie.

Devenu chef d'un groupe de cinq élus qui a fusionné avec la majorité municipale, il est aussi l'un des douze auteurs d'un ouvrage collectif paru à la rentrée. Son titre : « Un printemps pénivauxois ». En 217 pages, l'ouvrage retrace trente ans de vie politique locale, la conquête de la gauche avec ses réussites, ses déceptions.

Parmi les onze autres plumes, Jean-François Chalot, instituteur retraité installé à Vaux le Pénil depuis 1993 , militant associatif et élu municipal de 2001 à 2020.

«Dans l'agglo Melun Val de Seine, Vaux-le-Pénil a toujours eu une identité singulière, à gauche. Nous avons eu le sentiment que cette identité s'érodait. D'où l'idée de rappeler cet ancrage social et d'ouvrir aussi sur la question écologique ! », justifie Julien Guérin pour expliquer la genèse du livre.

En 2017, la douche froide du rapprochement avec LREM

Tout commence à l'élection de Pierre Carassus en 1989. Natif des Hautes-Pyrénées, le chevènementiste issu des milieux syndicaux de La Poste fait basculer à gauche cette commune «sociologiquement à droite ». Les innovations fleurissent : maison des associations, comités consultatifs, etc.

Le social a la part belle avec la création en 2003 de Familles Laïques par Jean-François Chalot. La mairie accepte que l'association s'installe dans l'ancien logement de fonction d'un enseignant au 1 er étage de l'école Beuve-et-Gantier. Basée au départ sur l'aide à la scolarité, elle se diversifie et intervient avec des permanences sur le surendettement, des cours de français pour les personnes issues de l'immigration, des cours d'informatique, etc. Une association qui rayonne largement au-delà de Vaux-le-Pénil.

En 2012, le maire Pierre Carassus passe la main à son premier adjoint Pierre Herrero (DVG) dont la «fibre sociale » est reconnue de tous. Il est élu sur son nom aux élections municipales de 2014.

Mais l'ouvrage raconte aussi la douche froide ressentie par la majorité municipale de gauche en 2017 quand elle a appris que le maire devenait secrétaire du groupe LREM à l'Assemblée nationale. «Nous n'avons pas accepté le changement d'orientations politiques par rapport à l'identité de Vaux-le-Pénil », explique Jean-François Chalot qui cite par exemple la « privatisation » du cinéma à La Ferme des Jeux.

Il crée en septembre 2018 un Collectif citoyenneté locale avec Julien Guérin, Pierre Carassus et des élus communistes. La majorité se fissure. En janvier 2019, Pierre Herrero annonce sa démission en tant que maire. Un départ officialisé lors de ses voeux aux habitants.

Plus de 67% d'abstention au second tour des municipales

Il sera remplacé par son adjoint à la Culture, Henri de Meyrignac (DVG), dont la majorité explosera ensuite avec neuf démissions, y compris celle de Pierre Herrero. Contacté, ce dernier n'a pu être joint.

Avec 38,79% des voix au premier tour, Henri de Meyrignac sera élu maire en juin 2020 grâce aux voix de la liste menée au premier tour par Julien Guérin (27,56% des voix le 15 mars) face à la candidate LR Nathalie Beaulnes-Sereni (33,63% des voix au 1 er tour).

Le livre montre aussi comment l'exercice de la démocratie participative est compliqué, entre les premiers comités consultatifs de quartier devenus «coquilles vides «car n y informait juste les gens au lieu de permettre la concertation », insiste Jean-François Chalot.

Ces comités de quartier cesseront à l'arrivée de Pierre Herrero comme maire. Aujourd'hui, Aurélien Boutet, issu de la liste Guérin , est chargé de la démocratie participative. L'enjeu est de taille car le taux d'abstention au second tour a atteint 67,27%...

«Nous avons bâti notre programme à partir de cafés citoyens qui proposaient des thématiques différentes. Nous souhaitons continuer à donner la parole aux habitants durant ce mandat, à construire des actions avec eux», assure Aurélien Boutet.

La ville de Vaux-le-Pénil a-t-elle retrouvé son identité « de gauche » ? «C'est pas gagné », répond Julien Guérin. « Il faut pousser sur le social. Nous croyons aux mobilisations et aux actions citoyennes... »

«Un printemps pénivauxois », édition Le Scorpion brun. 12 euros. Vendu dans les librairies Vaux Livres à Vaux-le-Pénil et L'Escalier à Melun.