«Il s’agit de sauver des emplois» : Val d’Europe lance une plateforme pour aider les petits commerces

La communauté d’agglomération du Val-d’Europe a lancé ce vendredi une plateforme en ligne pour donner plus de visibilité aux commerces locaux, essentiels comme non essentiels.

 Chessy, vendredi 20 novembre 2020. L’intercommunalité Val d'Europe agglomération a lancé une plateforme pour améliorer la visibilité des commerces de proximité du territoire.
Chessy, vendredi 20 novembre 2020. L’intercommunalité Val d'Europe agglomération a lancé une plateforme pour améliorer la visibilité des commerces de proximité du territoire. LP/Hendrik Delaire

« Lors du premier confinement de très nombreux commerces ont souffert et pensaient se relancer en septembre mais ce nouveau confinement. Certains commerces se sont tournés vers le click and collect mais peu de petits commerces sont équipés ou ont le savoir-faire pour le mettre en place ».

C'est le constat fait par le président de la communauté d'agglomération du Val-d'Europe Philippe Descrouet (UDI) et par le service de l'intercommunalité, qui leur a donné l'idée de mettre en place une plateforme en ligne lancée ce vendredi pour aider les commerces de proximité basés sur le territoire.

Développée avec l'aide du site « Mon petit e-commerce », cette plateforme référencera d'ici la fin de semaine prochaine l'ensemble des 400 à 500 commerces basés sur le territoire des dix communes de l'intercommunalité pour leur donner plus de visibilité en ligne.

« Dans un secteur où l'on ne peut pas poser de panneaux publicitaires, cette plateforme doit promouvoir les commerçants de proximité et leur donner de la visibilité », confie Philippe Descrouet. Coût de l'investissement pour l'intercommunalité : environ 20 000 euros.

« Une centaine de commerces essentiellement alimentaires y sont déjà référencés. Tous les autres types de commerce, comme les fleuristes, les salons de beauté ou de coiffure suivront. C'est une plateforme inclusive, dont il est n'est pas nécessaire d'être membre. Il sera possible d'y trouver les coordonnées téléphoniques, l'e-mail, le site web et ou la page sur les réseaux sociaux des commerces mais aussi de voir en un coup d'œil s'ils livrent à domicile ou font du click and collect », explique Nathalie Cohen de la plateforme « Mon petit e-commerce », dont le siège est basé à Sammeron.

Six mois d'abonnement offert par l'agglomération

Mais les commerçants peuvent bénéficier d'un service plus poussé en adhérant à la plateforme. « Les clients pourront visualiser l'ensemble de produits proposés par les commerçants et les commander directement via le site, identifier des points de livraison communs ou mutualiser des services de livraison. Notre mission est de leur donner des outils et des solutions rapides à mettre en place, comme en référençant et en photographiant l'ensemble de leurs produits. Le but est de fédérer les commerçants pour qu'ils partagent leurs bonnes pratiques, car si chacun utilise cet outil dans son coin cela touchera moins de monde », expose Nathalie Cohen.

« Pour ouvrir un compte l'abonnement est de 40 euros, mais les six premiers seront gratuits et pris en charge par la communauté d'agglomération pour tout commerçant ouvrant un compte sur le site. Nous espérons que le », assure Philippe Descrouet.

Un service aux commerçants que l'intercommunalité entend bien étendre au maximum de commerces et pérenniser au-delà de la crise sanitaire. « Il n'y a pas de commerces non essentiels, la totalité des commerces sont essentiels à la vie d'un centre bourg. Tous y seront recensés et le but n'est pas simplement d'aider à leur survie mais de faire de cette plateforme une vraie force pour relancer leur activité à la sortie du confinement et les aider à faire évoluer leurs pratiques de commerce », insiste Thierry Cerri (SE), premier vice président de l'agglomération chargé du développement économique, du tourisme et de l'emploi.

Les commerçants indépendants du centre commercial intégrés ?

« Le Covid a été un accélérateur pour mettre en place cet outil, mais nous comptons le pérenniser car des entreprises qui ont été aidées peuvent être en difficulté dans quelques mois quand elles devront rembourser leurs prêts », anticipe le président de Val d'Europe agglomération.

« En bout de chaîne, il s'agit de sauver des emplois dans un secteur durement touché. Avec la fermeture de Disneyland Paris, certains commerces voient leur activité diminuer de 50 % mais quand ils sont ouverts et de nombreux étudiants de l'Université de Marne-la-Vallée ont perdu leurs jobs étudiants. Nous réfléchissons à étendre dans un second temps le dispositif aux commerçants indépendants qui se trouvent dans le centre commercial du Val d'Europe et qui ne sont pas adossés à de grandes enseignes ».