Seine-et-Marne : l’ex-conjoint derrière les barreaux pour harcèlement

Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Meaux à 18 mois de prison. Les juges ont en outre révoqué neuf mois de prison, prononcés lors de précédentes peines.

 Meaux. Le prévenu a été écroué à l’issue de l’audience devant le tribunal correctionnel.
Meaux. Le prévenu a été écroué à l’issue de l’audience devant le tribunal correctionnel. LP/Olivier Boitet

« Vo-tre ex-fem-me est un être hu-main dis-tinct de vous. Elle gè-re sa vie, elle voit qui elle veut, elle couche avec qui elle veut. Vous n'a-vez pas à gé-rer sa vie sexuelle », a lentement articulé la présidente Emmanuelle Teyssandier-Igna en regardant le prévenu, planté dans le box du tribunal correctionnel de Meaux.

C'est pour « harcèlement moral sur ex-conjointe, en présence d'un mineur, ayant altéré la santé de la victime » - des faits commis entre décembre 2019 et septembre 2020 - que ce père de famille de 44 ans a été condamné mercredi à 18 mois de prison, dont six ferme, avec interdiction de se rendre à Ussy-sur-Marne et d'entrer en contact avec sa femme et ses deux enfants.

Les juges ont en outre révoqué neuf mois de prison, prononcés lors de précédentes condamnations. Le prévenu, qui n'a pas caché sa colère, a été écroué à l'issue de l'audience.

Il inscrits sa femme sur des sites pornos et... de pompes funèbres

Tout au long de son procès, la présidente a tenté de lui ouvrir les yeux sur son comportement. Il n'avait de cesse de renvoyer la faute sur son ex-compagne. « On n'avait jamais entendu parler de lui jusqu'à leur séparation, qui s'est mal passée. C'est là qu'il a basculé », a plaidé l'avocat de la défense.

Le couple s'était séparé début 2019, au terme de 25 ans de relation. Et depuis cette date, le père de famille - déjà condamné en 2019 par deux fois pour des violences et des appels malveillants - n'a eu de cesse de harceler la mère de ses deux enfants. « Vous l'avez inscrite sur des sites pornographiques et sur un site de pompes funèbres, pour qu'ils organisent ses obsèques », s'est étonnée la magistrate.

C'est peu de dire qu'Emmanuelle Teyssandier-Igna n'a pas apprécié que le prévenu envoie des textos ou des courriers à son fils de 14 ans, dans lequel il dénigrait la mère de l'adolescence. Propos outrageants, montages photos sur sa page Facebook : le père de famille a tenté de se justifier… en évoquant sa vie commune avec son ex-compagne. « C'est terminé ! Il faut passer à autre chose, vous êtes en boucle, il faut sortir de là, vous allez devenir dingue », a martelé la présidente.