Seine-et-Marne : malgré dix cas de Covid-19, le centre de rétention reste ouvert

Cinq étrangers et cinq policiers du centre de rétention du Mesnil-Amelot ont été testés positifs au Covid-19 en août. La Cimade demande la fermeture du centre pour des raisons sanitaires.

 Le Mesnil-Amelot, mars 2016. Le centre de rétention administrative accueille aujourd’hui 77 personnes.
Le Mesnil-Amelot, mars 2016. Le centre de rétention administrative accueille aujourd’hui 77 personnes.  LP/Remy Calland

Un cinquième policier a été contrôlé positif, ce qui porte à dix (5 policiers, 5 retenus) le nombre de personnes atteintes du Covid-19 au sein du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot.

Après la découverte de ces cas de Covid depuis début août, un dépistage a été mené vendredi parmi les policiers, personnels et les 77 retenus au CRA, des étrangers en procédure d'expulsion vers leur pays d'origine. Les résultats des tests, qui font suite aux consignes de l'Agence régionale de santé, devraient être connus d'ici lundi matin.

Malgré tout, la police nationale indique qu'il « n'y a pas de fermeture envisagée du CRA dans les prochains jours », mais que « compte tenu de la situation sanitaire au sein du centre, décision a été prise de ne plus accueillir de nouveaux retenus jusqu'à ce que ladite situation soit réglée ».

«Il faut prendre les précautions nécessaires»

De son côté, par l'intermédiaire de son président Henry Masson, la Cimade « demande une fermeture pour raisons sanitaires du CRA ». Elle a d'ailleurs saisi le contrôleur général des lieux de privation de liberté et la Défenseure des droits.

La Cimade, association qui aide les étrangers en procédure d'expulsion, ajoute qu'elle continue « à accompagner les personnes par téléphone mais plus de manière physique. On verra lundi matin si on retourne sur place en fonction du rapport de l'ARS et des dispositions prises, ajoute Henry Masson. Ce CRA est un cluster et il faut prendre les précautions nécessaires pour les personnes retenues, mais aussi pour les différents corps de métier présents que sont les policiers, le personnel de ménage, les infirmières et les salariés de la Cimade. Il faut être mesuré et très prudent, les éléments peuvent changer rapidement. »

Tous masqués

Sur place, et selon la police, personnels et policiers sont tous masqués dans les lieux où ils sont susceptibles de rencontrer les retenus : cours de promenade, sanitaires, pièces d'hébergement ou de restauration, etc. Des masques seraient aussi mis à disposition des retenus.

« Dans le détail des cas, deux retenus ont été testés positifs le 9 août. Ils ont été transférés à Vincennes le lendemain, après avoir été visités par un médecin qui a estimé qu'une hospitalisation n'était pas nécessaire, poursuit la police nationale. Les trois autres cas parmi les retenus ont été enregistrés le 12 août. Cette fois, ils ont été transférés le jour même à Vincennes. »

C'est là que se trouve le CRA habilité à recevoir les retenus atteints par la Covid. L'expulsion ou la reconduite des intéressés est alors momentanément suspendue.

Une crèche ferme à Emerainville

Par ailleurs, une crèche a fermé à Emerainville en raison du Covid-19. Il s’agit de l’établissement des Petits Princes. En effet, le lundi 10 août, un cas a été suspecté parmi les employés de la crèche municipale. Le lendemain, « une demande a été faite à la PMI (Protection maternelle infantile) et à l’ARS (Agence régionale de santé) pour connaître la marche à suivre », explique la mairie.

Une nouvelle demande a été faite le mercredi 12 août mais « aucune réponse ne nous est parvenue. En conséquence, nous avons décidé de fermer la crèche dès vendredi et de la faire désinfecter samedi. Un dépistage du personnel a été mis en place », ajoute la municipalité qui précise aussi que la réouverture ne devrait pas se faire avant « une bonne quatorzaine de jours ».