Seine-et-Marne : les élus du Grand Roissy ont dit non au pôle métropolitain de Jean-François Copé

L’agglomération Roissy Pays de France, une des quatre intercommunalités concernées, a voté contre le pôle métropolitain. Il était destiné à contrecarrer l’hégémonie de la métropole du Grand Paris dont le maire de Meaux veut protéger le territoire.

 Les élus de l’agglomération de Roissy ont voté contre la création d’un pôle métropolitain voulu par Jean-François Copé (ici à Meaux, le 9 novembre 2018, lors de l'élection des membres du conseil d'administration du GIP Meaux-Roissy).
Les élus de l’agglomération de Roissy ont voté contre la création d’un pôle métropolitain voulu par Jean-François Copé (ici à Meaux, le 9 novembre 2018, lors de l'élection des membres du conseil d'administration du GIP Meaux-Roissy). LP/Alexandre Arlot

Le pôle métropolitain ne verra pas le jour. En tout cas pas tout de suite. Jean-François Copé (LR), le président de l'agglomération de Meaux avait proposé que quatre intercommunalités se regroupent en pôle métropolitain. Le Pays de l'Ourcq, Plaines et Monts de France et évidemment le Pays de Meaux avaient dit oui à ce pôle métropolitain.

Il restait aux élus de la communauté d'agglomération de Roissy Pays de France (Carpf), à laquelle ont été rattachées de force, à sa création en janvier 2016, dix-sept communes seine-et-marnaises, de se prononcer. Mais 28 des 42 élus de la Carpf ont refusé la création de ce pôle métropolitain comptant un demi-million d'habitants.

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« Je ressens un peu de déception, évidemment », commente Jean-François Copé. « Nous continuons d'avancer. Mais peut-être pas à un rythme aussi soutenu qu'il l'aurait été avec le pôle métroplitain. »

« Ce n'était pas le bon moment »

De son côté, Pascal Doll (LR), le président de la Carpf, détaille les raisons du refus. « D'abord le Covid n'aide en rien. Et puis la création de la Carpf n'a pas été un long fleuve tranquille. Elle est le résultat d'un mariage de deux intercommunalités dans le Val-d'Oise et d'une séparation en Seine-et-Marne. Certains élus trouvent qu'il faut un peu de temps pour se poser. Nous avons mis en place des outils structurants. Nous entrons désormais dans une phase plus opérationnelle. » Selon lui, « le projet n'est pas enterré. Il faut laisser du temps au temps. Ce n'était pas le bon moment. »

C'est un point sur lequel insistent les présidents des deux agglomérations. Le groupement d'intérêt public (GIP) continue d'exister et regroupe toujours les quatre intercommunalités.

Né au cours de l'été 2018, le GIP avait clairement pour but de capter une partie des retombées économiques générées par l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. Avec ses 107 communes, le pôle métropolitain de Meaux-Roissy aurait permis de davantage peser au plan politique face aux 137 villes de la métropole du Grand Paris.

Regarder vers Val d'Europe ?

« Un pôle métropolitain est davantage visible politiquement mais avec le GIP, déjà, on pourra faire des choses », rassure Jean-François Copé. Selon le maire de Meaux, c'est « la situation sanitaire » ainsi que « la situation aéronautique » qui auraient poussé une majorité d'élus de la Carpf à décliner la proposition.

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Chef de file de l'opposition au sein de l'agglomération de Meaux, André Moukhine-Fortier ne se réjouit pas de ce refus. Mais ne s'étonne pas non plus. « Cette décision n'est pas une surprise pour tous ceux qui connaissent bien la Carpf pour une raison très simple : forte de ses 355 000 habitants et du pôle aéroportuaire de Roissy, elle n'a pas besoin du Pays de Meaux pour assurer son avenir économique. » Et le conseiller municipal de proposer une alternative : « Nous pensons que notre avenir se situe davantage en direction du Val d'Europe, une agglomération idéalement située aux portes du Pays de Meaux, un pôle démographique à notre taille et un pôle économique dynamique. Il n'y a plus de temps à perdre. »

« Que le Grand Paris ne dépossède pas notre territoire de ses atouts »

Jean-François Copé est lui aussi convaincu qu'il n'y a pas une minute à gaspiller. « Je vais réunir rapidement le conseil d'administration du GIP. » Mais pour lui, tout n'est pas fini. Et il sera toujours temps de proposer à nouveau aux élus de Roissy de créer ce pôle métropolitain.

Pascal Doll constate que l'envergure politique de M. Copé, ancien député, ancien ministre et ancien président de l'UMP, a pu inquiéter certains maires des petites communes de la Carpf, en tout cas « les impressionner ».

En voulant créer ce pôle métropolitain, Jean-François Copé a-t-il voulu se forger un outil pour gagner encore plus de visibilité politique et étendre son influence au-delà a de la Seine-et-Marne? La question l'amuse. « Mon ambition politique nationale, j'ai déjà eu l'occasion de l'exercer. Et j'ai la chance, quand j'exprime une position, d'être écouté. J'aurais d'ailleurs pu être utile à mes amis de Roissy dans le dossier Europacity... Non, mon ambition avec ce pôle métropolitain était locale. » Et l'ancien ministre du Budget de conclure : « Le but était que le Grand Paris ne dépossède pas notre territoire de ses atouts. »