Seine-et-Marne : dans les 12 centres de vaccination, on aimerait croire à l’optimisme de l’ARS

L’agence régionale de santé affirme qu’il aura assez de doses vaccinales pour la semaine du 15 février et que le programme des rendez-vous sera tenu. Mais dans les centres, ce mardi, certains responsables doutent de pouvoir rattraper d’ici là le retard déjà pris.

 Illustration. Dans les centres de vaccination de Seine-et-Marne, on se tient prêt à toute éventualité pour la semaine du 15 février. Y compris celle d’avoir davantage de doses vaccinales que prévu.
Illustration. Dans les centres de vaccination de Seine-et-Marne, on se tient prêt à toute éventualité pour la semaine du 15 février. Y compris celle d’avoir davantage de doses vaccinales que prévu. LP/Arnaud Journois

« Après plusieurs jours de travail approfondi avec les 116 centres de vaccination (en Ile-de-France), dans un dialogue permanent avec les préfets, malgré le contexte d'incertitude sur les livraisons de certains laboratoires, l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France confirme la trajectoire de la campagne de vaccination dans les semaines à venir qui conduira à assurer en février plus de 100000 primo injections et plus de 200000 secondes injections. » L'ARS le promet : avec l'arrivée des vaccins Moderna, pour compenser plusieurs semaines de livraisons défaillantes de Pfizer, il y aura des doses vaccinales anti-Covid pour la semaine du 15 février et les rendez-vous pris ne seront pas décalés.

Une annonce qui surprend les responsables de la plupart des douze centres de vaccination de Seine-et-Marne où la grogne perdure au sujet de l'approvisionnement en doses vaccinales jugé insuffisant. Certains soulignent que, comme avec les choux et les carottes, on ne peut pas simplement additionner des doses Moderna et Pfizer. « Les personnes qui auront reçu une première injection Pfizer recevront une seconde injection Pfizer. On ne mélange pas les deux vaccins car les deux techniques ne sont pas superposables », souligne ainsi le Dr Allard à Meaux.

A Montereau-Fault-Yonne, le centre de vaccination ouvert les après-midis du lundi au vendredi, va connaître une baisse de régime. Selon le maire de Montereau, James Chéron (UDI), « les rendez-vous de cette semaine sont maintenus, mais ceux des semaines suivantes risquent d'être partiellement décalés. Les personnes inscrites seront prévenues, naturellement ! La réduction momentanée du nombre de rendez-vous entraînera certainement une concentration sur le lundi et le mardi. »

Selon James Chéron, « l'ARS demande de décaler les rendez-vous de seconde injection de J21 à J28 [NDLR : de trois semaines à quatre semaines après la première injection] afin de prendre en compte la baisse de livraison par Pfizer de 200 000 doses pour la France. Comme nous ne pourrons pas vacciner sans vaccins, nous n'avons pas le choix et nous appliquerons la décision de l'ARS de décaler d'une semaine les deuxièmes injections ! »

A Nemours, la maire Valérie Lacroute (LR) ne cache pas sa colère. « C'est la cata ! L'ARS nous dit qu'on a 220 doses par semaine. Or, il y a une date de péremption et certaines doses sont arrivées la semaine dernière avec une date ne permettant pas d'aller jusqu'au lundi 1er février. On a dû annuler les rendez-vous de ce lundi à la maison de santé de Nemours ». Selon l'élue « le pire est à venir. L'ARS nous a prévenus lundi soir qu'il faut décaler d'une semaine la seconde injection. On doit donc décaler les rendez-vous. Si on ajoute ceux des personnes inscrites pour leur première injection, cela représente plus de 700 rendez-vous à reporter ! »

Pour cette tâche, elle a missionné un agent de la mairie de Nemours, deux de l'intercommunalité ainsi qu'une quatrième personne -bénévole d'habitude- qui sera « rémunérée pour la gestion des doses ». Valérie Lacroute soupire : «Plus de 390 personnes sont sur liste d'attente afin de s'inscrire pour leur première injection… »

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A Melun, où le centre de vaccination totalise 5 875 vaccinations depuis le début (dont 55% de seniors en Ehpad et de plus de 75 ans) et 45% de professionnels de santé libéraux, la prise de nouveaux rendez-vous est stoppée depuis une semaine. Mais le Groupe hospitalier sud Ile-de-France continue de recevoir 1 140 doses par semaine et le site de Brie-Comte-Robert 198 par semaine. «On ne décale pas les rendez-vous pour les secondes injections car on avait anticipé le passage de 3 à 4 semaines pour les personnes âgées. Les seuls qui seront décalés sont les professionnels de santé », commente Dominique Peljak, le directeur du GHSIF.

A Lagny-sur-Marne, le directeur de cabinet du maire estime l'ARS bien optimiste. «Cette annonce paraît décalée par rapport à notre situation actuelle. Nous avons arrêté de prendre des rendez-vous pour des premières injections et nous avons dû en annuler une quarantaine ce mercredi après-midi, faute d'un nombre suffisant de vaccins ! Ces patients ont été décalés à d'autres jours cette semaine ou la semaine prochaine. Les rendez-vous prévus la semaine prochaine avaient été pris alors que l'on nous assurait que nous recevrions davantage de vaccins. Entretemps nous avons fermé le centre de vaccination les lundi matins et les vendredis après-midi et décalé ces rendez-vous. La promesse de ne décaler aucun rendez-vous la semaine prochaine me semble compromise sauf si on nous certifie qu'on aura le nombre de doses initialement prévu », se projette le directeur de cabinet.

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A Meaux, le docteur Christian Allard, chef du centre de vaccination situé à la salle des fêtes, se tient prêt. «L'ARS nous a dit qu'il y aurait peut-être une augmentation la semaine du 15 février. On aurait en plus des 486 doses du vaccin Pfizer, que nous recevons chaque semaine, des doses du vaccin Moderna. Mais dans ce domaine, je ne crois que ce que je vois. Je reste attentif au jour le jour aux dotations. Au centre de vaccination de Meaux, on ne fait pas de surbooking ; tout est prêt pour vacciner jusqu'à deux mille personnes par semaine. Il ne nous manque que la dotation en vaccins ! »

A Coulommiers, on explique que ce sont 250 personnes qui sont vaccinées chaque semaine. Pour le reste... « L'ARS ne nous a pas dit qu'il y aurait de difficulté d'approvisionnement. Nous nous tenons prêts s'il faut reprogrammer des rendez-vous, faute de vaccins. Mais nous nous tenons aussi prêts pour augmenter le nombre de créneaux, si nous devions recevoir plus de doses vaccinales. »

A Saint-Fargeau-Ponthierry, la maire Séverine Félix-Boron (SE), indique que le centre de vaccination reçoit bien ses 228 doses hebdomadaires. « Nous nous sommes réorganisés en fonction, en recontactant les gens et en mettant en place des listes d'attente, explique-t-elle. Le centre ouvre neuf demi-journées par semaine. Il fonctionne, même si on est prêt à vacciner encore plus. »