Seine-et-Marne : le tapissier des Villages Nature Paris a créé un réseau de couturières de masques et blouses

Le gérant de la société Touroul-Chevalerie livre son tissu à une centaine de couturières bénévoles et réceptionne les blouses, masques et calots qu’elles confectionnent pour les livrer au personnel soignant.

 Chanteloup-en-Brie, avril 2020. Depuis le 23 mars, le tapissier Guillaume Touroul livre du tissu à des couturières du secteur afin qu'elles fabriquent des blouses pour les hôpitaux, les Ehpad ou les infirmières libérales.
Chanteloup-en-Brie, avril 2020. Depuis le 23 mars, le tapissier Guillaume Touroul livre du tissu à des couturières du secteur afin qu'elles fabriquent des blouses pour les hôpitaux, les Ehpad ou les infirmières libérales. Confectionné avec amour

Elles ne sont pas encore aussi nombreuses que les 250 couturières de la Marne, à Meaux. Mais les rangs grossissent régulièrement pour atteindre aujourd'hui 120 petites mains.

Réparties sur Marne et Gondoire ou le Val d'Europe, des couturières bénévoles fabriquent blouses, masques ou calots depuis trois semaines à destination des personnels soignants du Grand hôpital de l'est francilien, site de Marne-la-Vallée à Jossigny, des hôpitaux du Raincy-Montfermeil et Ville-Evrard à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), des médecins ou encore d'infirmières libérales.

« Tout a commencé le 23 mars. Le centre Covid installé à Lagny-sur-Marne venait d'ouvrir mais il était en manque de blouses », se souvient Guillaume Touroul, tapissier à Chanteloup-en-Brie. Avec quelques connaissances couturières, il réfléchit à un moyen d'aider.

Du stock pour encore trois à quatre semaines

« Au sein de mon entreprise Touroul-Chevalerie, j'ai des stocks de tissus. Nous travaillons notamment avec les Villages Nature pour la fabrication de rideaux dans les hébergements. J'ai fait un patron de blouse, coupé des séries et je suis passé en distribuer à une dizaine de personnes le 24 mars », ajoute-t-il. En 24 heures, 35 blouses sont fabriquées et livrées au centre Covid.

Thorigny-sur-Marne, mercredi 15 avril 2020. Sophie a débuté la couture de blouses et masques dès le 23 mars./DR
Thorigny-sur-Marne, mercredi 15 avril 2020. Sophie a débuté la couture de blouses et masques dès le 23 mars./DR  

« Et ensuite, il y a eu de nombreuses autres séries. J'ai du stock pour tenir encore trois à quatre semaines, ajoute celui qui a créé un site internet dédié et même un logo pour cette initiative solidaire. Je fais le don de mon tissu en solidarité avec les soignants et pour donner aux couturières le sentiment d'être utiles. Elles savent que leur production est livrée au bon endroit et servira à ceux qui prennent soin des malades. »

Tous les trois ou quatre jours, le personnel de Touroul-Chevalerie livre du tissu ou passe chercher les blouses. En trois semaines, près de 1500 blouses ont été fabriquées.

« Je suis fière de participer à ça »

« La couture est mon loisir principal. Quand j'ai entendu parler de cette initiative, je me suis vite inscrite, témoigne Sophie, une habitante de Thorigny-sur-Marne qui a confectionné vingt blouses. Je fais des blouses le matin, le soir ou le week-end. Ce n'est pas très amusant mais une fois qu'on a commencé, on se sent utile et ça fait plaisir. »

Montévrain, avril 2020. Amélie Richard, 15 ans, est la benjamine du groupe de couturières.DR
Montévrain, avril 2020. Amélie Richard, 15 ans, est la benjamine du groupe de couturières.DR  

Marie-Thérèse, habitante de Pomponne, fabrique des blouses mais également des masques et des calots. « C'est invraisemblable que les soignants n'aient pas de blouses ou de moyens suffisants alors qu'ils sont seuls pour faire face au virus. Au début, on pensait utiliser des draps mais le tapissier a vite proposé son tissu. Après la première livraison au centre Covid, nous ne nous sommes plus arrêtées, d'autres couturières sont arrivées. »

Parmi elles, Amélie, 15 ans. C'est la benjamine du groupe. Elle a appris à coudre quelques jours avant le début de l'initiative. « Ma mère qui est médecin a été prévenue par une amie et ça me tenait à cœur de participer. J'ai eu quelques difficultés au départ mais la technique est vite venue ensuite. J'ai pu faire huit blouses. Je suis fière de participer à ça, ils m'ont laissé ma chance. » Et malgré la rentrée et la reprise des cours de seconde le lundi 20 avril, Amélie continuera de coudre en même temps.

Site internet : www.confectionneavecamour.fr