Seine-et-Marne : le budget du département atteint par le virus du Covid-19

Tant la deuxième décision modificative de l’année que le prochain budget dont les orientations ont été dévoilées ce vendredi prennent en compte les conséquences des difficultés économiques nées des deux confinements.

 Melun, ce vendredi. Lors de cette séance la moitié des conseillers étaient présents sur place, l’autre moitié via Internet depuis leur bureau personnel, afin de respecter le protocole sanitaire.
Melun, ce vendredi. Lors de cette séance la moitié des conseillers étaient présents sur place, l’autre moitié via Internet depuis leur bureau personnel, afin de respecter le protocole sanitaire. LP/Faustine Léo

Le virus est bel et bien passé par là. En cette fin d'année, le conseil départemental a ajusté son budget comme il est de coutume, mais cette fois en fonction des conséquences nées des confinements et de l'arrêt de l'activité. Avec toutefois une bonne nouvelle : 30 millions d'euros de droits de mutation de plus que prévus ont été enregistrés, portant le montant de la part touchée par le département sur cette taxe concernant les opérations immobilières à 230 millions d'euros pour 2020.

C'est plus qu'espéré mais c'est moins que l'année passée où 270 millions avaient été récoltés. Quinze millions d'euros reçus de la part du fonds de solidarité interdépartemental permettent aussi d'envisager plus sereinement les dépenses supplémentaires.

9,5 millions d'euros en plus pour le RSA

La principale modification du budget votée vendredi concerne les allocations du RSA qui frôleront les 191 millions d'euros, avec 9,5 millions d'euros supplémentaires accordés en cette fin d'année. Six millions avaient déjà été alloués en plus en juin lors de la première décision modificative. La majorité sait déjà qu'il faudra encore augmenter ce budget l'an prochain.

« Heureusement que l'indemnisation des chômeurs en fin de droits a été prolongée, note Daisy Luczak la vice-présidente (LR) chargée des finances. Mais nous aurons la capacité financière de répondre à l'augmentation des dépenses sociales. Nous puiserons dans notre épargne s'il le faut ».

Le bas de laine a perdu une quinzaine de millions cette année, passant de 139 à 124 millions d'euros, ce qui reste au-dessus de la moyenne et n'empêche pas les agences de notation de continuer à délivrer à la Seine-et-Marne la meilleure note possible pour la gestion d'un département. Entre autres, car la dette a été réduite de 905 à 657 millions d'euros en cinq ans.

Une aide aux commerçants et aux petits cinémas

L'opposition menée par Smaïl Djebara (PS) a ainsi dénoncé une « obsession du désendettement sous forme d'augmentation des impôts et de coupes budgétaires dans les services publics, au mépris du sauvetage de l'emploi associatif, de l'aide à l'enfance et de la prise en compte de la crise écologique ». Patrick Septiers, le président (UDI) du département a lui répété à de multiples reprises que « c'est une gestion saine des finances ces dernières années qui permet désormais de faire face à la crise ».

20 millions d'euros, dont seulement trois remboursés par l'Etat, ont été dépensés pour équiper les habitants et le personnel médical en masques, en surblouses et en gel. Et ce vendredi, les élus ont voté une enveloppe d'un million d'euros destinée à l'augmentation de personnel dans les collèges, du fait du protocole sanitaire renforcé. lls ont aussi accordé des aides exceptionnelles de 450 000 euros aux exploitants de petits cinémas et de 870 000 euros pour les commerçants. En mai, 200 000 euros avaient été octroyés à la filière horticole.

Une prime Covid pour les salariés de l'aide à domicile

Huit millions d'euros de plus vont être investis dans les travaux routiers. « Avec le report des élections municipales et intercommunales de mars à juin, les opérateurs de travaux public souffrent beaucoup. Il faut aussi les aider », avance Patrick Septiers. 2,2 millions d'euros supplémentaires sont ainsi injectés dans les fonds d'aide aux travaux des communes. Cinq millions d'euros vont aussi être consacrés à isoler les logements d'Habitat 77.

Trois millions d'euros sont affectés à l'équipement informatique des collèges pilotes dans l'expérimentation d'une plateforme d'aide aux devoirs. 2,4 millions d'euros sont fléchés vers une prime Covid pour les salariés de l'aide à domicile.

A noter que la non-fréquentation des collèges au printemps a permis des économies sur les factures d'énergie et de transports scolaires d'environ deux millions d'euros. La diminution d'un tiers du nombre de mineurs migrants pris en charge allège le budget consacré à l'aide à l'enfance de 2,5 millions d'euros.

TROIS NOUVEAUX COLLÈGES A COUBERT, VILLEPARISIS ET CHELLES

Ce contexte de crise pèse évidemment dans les orientations budgétaires présentées également ce vendredi, et alors que l'assemblée doit être renouvelée lors d'élections prévues en mars. « Nous avons réalisé 96 % des opérations d'investissement prévues cette année au budget. Et nous avons essentiellement des crédits de payement des engagements de travaux pour l'année qui vient, insiste Patrick Septiers. Il n'y a pas d'effet d'annonce. On promet et on fait ».

270 millions d'euros seront donc dédiés aux investissements, soit vingt de plus que l'an dernier. 92 millions iront aux collèges avec la construction de collège à Coubert, à Villeparisis et à Chelles. L'extension du collège Albert-Camus à Meaux est également concernée.

65 millions seront investis pour les routes, avec la poursuite des travaux de Guignes, de l'échangeur de Villeparisis et de la déviation nord de Melun. Ne seront pas oubliées la liaison Meaux-Roissy, la déviation sud de Chelles ou encore la réhabilitation du viaduc de Moret-Loing-et-Orvanne. « Notre désendettement nous permet d'avoir de l'autofinancement et d'emprunter, précise Daisy Luczak. Et ainsi de donner à ce département dynamique en termes de démographie les équipements qui manquaient ».

Le département n'aura cependant désormais plus aucune marge de manœuvre fiscale puisque l'Etat a décidé de récupérer la part de taxe foncière fixée par le conseil départemental lui-même, augmentée à 18 % en 2016. Elle sera remplacée par une fraction de TVA égale. La Seine-et-Marne bénéficiera cependant l'an prochain de 7,1 M€ versés par l'Etat pour agir contre la pauvreté et pour la protection de l'enfance. Et déjà, en prévision d'une année socialement âpre, le budget consacré aux solidarités a été augmenté de 3,4 % pour atteindre 650 millions d'euros.