Seine-et-Marne : la région fait équipe avec le département pour des assiettes locales à la cantine

Le projet de plateforme d’approvisionnement des cantines des collèges et des lycées en produits locaux se concrétise. L’usine de transformation sera opérationnelle dans trois ans.

 D’ici trois ans, les fruits et légumes, les poulets et les yaourts que mangeront les collégiens et les lycéens de Seine-et-Marne seront produits dans le département.
D’ici trois ans, les fruits et légumes, les poulets et les yaourts que mangeront les collégiens et les lycéens de Seine-et-Marne seront produits dans le département. LP/Olivier Corsan.

Dans trois ans, les collégiens et lycéens de Seine-et-Marne auront dans leurs assiettes des légumes, des fruits, du poulet, produits à quelques kilomètres de chez eux. Idem pour les lycéens du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis, puisque la région se joint au projet de plateforme d'approvisionnement local des cantines porté par le conseil départemental de Seine-et-Marne.

La région vient de voter les 4,6 millions d'euros de sa participation, soit la moitié du montant total, pour entrer au capital de la société publique locale dénommée « Plateforme d'approvisionnement de la restauration scolaire de l'Est francilien », créée pour porter le projet. Chacune des deux collectivités financera donc la moitié des 9,2 millions d'euros nécessaires.

« Ce projet a pris plus temps de prévu au départ car il a fallu trouver un modèle financier. Nous étions donc réticents à mettre des sous tant que l'on n'était pas sûrs que c'était viable », explique Alexandra Dublanche, la vice-présidente (LR) de la région en charge de l'agriculture et du développement économique.

Le département et la région ont repris la compétence de la restauration scolaire jusqu'ici déléguée aux établissements, ce qui permet d'agir en régie directe. Et donc d'éviter d'avoir à passer par des appels d'offres pour des marchés publics qui pourraient déboucher sur une obligation de se fournir en matière première à l'autre bout de la France.

Revenu garanti pour les agriculteurs

La région Ile-de-France envisage une alimentation 100 % locale et 50 % bio dans ses cantines d'ici 2024. Pour atteindre cet objectif audacieux, toutes les initiatives sont louées. « On ne peut pas tout prendre en charge, car il y aurait des problèmes de marchés publics, confirme Alexandra Dublanche. Nous nous associons aux projets qui prennent forme. Au lieu de vouloir créer un modèle unique et parfait, on avance de part et d'autre ».

Ainsi, à la rentrée 2023, l'équivalent de 15 millions de repas pourront sortir de cette usine de conditionnement, dimensionnée pour produire le double. « Nous avons déjà des discussions avec les maires pour fournir des écoles, se réjouit Olivier Lavenka, le vice-président (LR) du département, en charge de l'aménagement du territoire, également maire de Provins. Nous espérons intéresser les hôpitaux et les maisons de retraite. Mais d'abord, nous pensons à avoir une structure mature économiquement ».

Sur place, le lait sera transformé en yaourts, les fruits et légumes tout comme les volailles seront découpés, puis envoyés dans les cantines. « Nous ferons donc des formations aux cuisiniers pour qu'ils adaptent leurs recettes et leurs menus, précise Olivier Lavenka. Ils recevront des produits sous forme de conserve ou congelés ou sous-vide ».

Soixante emplois seront créés, mais surtout, les agriculteurs disposeront d'un revenu garanti et supérieur au marché. « Nous signerons des contrats de trois à cinq ans avec eux pour leur donner plus de visibilité, explique Olivier Lavenka. Nos prix d'achat seront de 5 % supérieurs à ceux de Rungis. Si l'on veut manger et produire local, il faut un changement de perspective et accepter que ça coûte plus cher ».